vendredi 11 juillet 2014

Un voyage en Accordéonistan

L'accordéon est un instrument qui me tente depuis longtemps : je trouve l'objet fascinant à plus d'un titre. Tout d'abord, esthétiquement, l'accordéon est un magnifique instrument. Techniquement, il est le fruit d'une succession d'inventions débutées il y a quatre mille ans! Ensuite, les univers sonores vers lesquels on peut l'emmener sont infinis : On peut lui faire jouer absolument tout, de la plus ignoble musette à la musique punk (Gogol Bordelo!), en passant par le rock, le jazz, la pop, etc. Et dans les répertoires traditionnels, bien sûr, où il puise ses racines. Puis avec un accordéon, on peut chanter ou raconter des histoires. C'est moins facile à la flûte ou à la clarinette...

Mais là, je parle de l'accordéon au singulier alors que cet instrument ne peut que se conjuguer au pluriel : Il existe une quantité folle de variétés d'accordéons, et ce même si l'on reste dans le domaine de l'accordéon chromatique moderne : à clavier ou à boutons, nombre de rangées variable tant à gauche qu'à droite, nombre de registres variable d'un instrument à l'autre. Et si l'on s'attaque aux accordéons traditionnels, on n'est pas couché : diato, concertina, bandonéon, la liste est infinie. Et c'est - en partie - pour çà que je n'en ai pas. Une autre raison à l'absence d'accordéons dans le musée, c'est que les instruments trouvés à un prix abordable étaient à restaurer. Or j'ai lu un article de Bernard Loffet sur le sujet qui m'a définitivement convaincu de la dangerosité de l'exercice. Donc bon. Dans une prochaine vie, peut-être.



Cette petite introduction m'amène, une fois n'est pas coutume, à faire la promotion d'un autre blog! Celui d'un jeune gars au projet un peu fou mais tellement génial (ça va souvent de paire), tellement beau et empli d'humanité : refaire la route de la soie à la rencontre des cultures musicales et des gens qui les pratiquent, remonter aux racines de l'accordéon, probablement issu des successions d'inventions découlant de l'évolution des orgues à bouche asiatiques. Adrien, je te laisse la parole :
"Parce que j’adore la musique qui se partage, qui se danse, qui se chante, à tue-tête, les yeux fermés, les yeux ouverts; la musique qui transporte, éveille et électrise; j’ai toujours pris un plaisir immense à faire swinguer dans les chaumières. Et parce que je suis bien trop curieux du monde qui m’entoure, je n’ai qu’une hâte, c’est d’aller voir comment ça swingue dans les chaumières des autres (les yourtes et autres caravansérails quoi)."


"L’idée : voyager yeux et oreilles écarquillés, accordéon au dos, caméra et micro au poing, à la rencontre des musiciens, conteurs et autres artisans sonores qui façonnent la culture orale et musicale de la route de la soie. Capturant musique, témoignages et ambiances, je souhaite ainsi dresser une fresque sonore dépeignant la diversité musicale sur la route de la soie. Et vu que je ne dois pas être le seul à me demander à quoi peut bien ressembler la musique tadjik (enfin j’imagine), j’ai bien évidemment l’intention de partager ces enregistrements avec vous. Mes oreilles seront vos oreilles, tadaaam. 
Et bien sûr, parce que ce voyage promet de nombreuses rencontres, riches en découvertes et en émotions, je souhaite aussi exprimer l’universalité du langage musical à travers ma propre culture, grâce à mon moyen d’expression à moi : l’accordéon. Mon subtil allié de voyage - et accessoirement le générateur de situations improbables et délicieuses. 
Un visa pour l'Accordéonistan : L'Accordéonistan désigne cet ensemble de pays, inconnus et aux premiers abords inaccessibles (pour moi en tout cas), dont je compte bien percer les mystères grâce au pouvoir de rencontre qu'est la musique, et que j'exprime personnellement avec l'accordéon. Ce projet n'a donc pas particulièrement vocation à dresser un inventaire des différentes formes d'accordéon rencontrées sur ma route, ainsi que des styles associés, mais s'intéresse à tous types de musique, de chant ou d'art conté permettant d'illustrer la culture musicale sur la route de la soie. 
Le voyage : Les échanges commerciaux sur la route de la soie ont petit à petit opéré au mélange des genres musicaux, tissant des relations entre les musiques populaires des steppes, d’origine turcique ou mongole, et les musiques savantes urbaines chinoises, indiennes ou persanes. La route de la soie dévoile ainsi une riche variété de musiques entremêlées et influencées entre elles, formant un véritable continuum musical. 
Mon périple commencera ainsi avec la Turquie, à la découverte de la musique Soufi et de ses derviches, ainsi que de la culture Kurde et de son art conté, le Dengbej. Il continuera en Géorgie, en Arménie et en Azerbaïdjan, où les polyphonies du Caucase et l’art du Duduk côtoient le folklore musical d’influence islamique et soviétique – le Garmon, accordéon russe un peu kitsch, figurant d’ailleurs dans la musique populaire azérie. Je poursuivrai ensuite mon chemin en Iran, à la découverte de la musique persane, malheureusement malmenée par la suspicion qu’entretient aujourd’hui l’islam à son égard. Enfin, cette joyeuse itinérance viendra se perdre dans les contrées d’Asie Centrale, au son du Maqâm d’Ouzbekistan, de la musique persane du Tadjikistan et de l’art vocal des bardes nomades turcophones du Kazakhstan et du Kirghizstan. Un final en Chine dépendra de mon budget!"

Alors cher lecteur, je n'ai qu'un conseil à te donner : Clique sur le titre de cet article et laisse-toi guider au fil de ce voyage, laisse tes yeux et tes oreilles se baigner de ces ambiances et de ces couleurs. Mmmmh? Comment? "Ça fait deux conseils, çà"? C'est pas faux mais fais-toi plaisir, suis-les. Le blog d'Adrien servira de carnet de voyage visuel et sonore et donnera lieu, à l'issue du périple, à l'édition d'un CD.

Quelle belle entreprise, Adrien! Puisse-t-elle te permettre d'atteindre tes objectifs. Je te souhaite bonne route, belles rencontres et bons vents.


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