vendredi 15 juillet 2016

Du berceau de l'Humanité

Dans ma quête de flûtes de la famille des obliques, il en est une ou deux que j'ai eu bien du mal à acquérir. La quête et sa récompense n'en ont été que plus intenses.





L'Ethiopie est considérée comme le berceau de l'Humanité puisqu'on y a trouvé les plus anciens vestiges hominidés. Avec ses plateaux les plus hauts du continent Africain, elle est également surnommée "le Toit de l'Afrique".






Ma quête, donc, m'a amené à m'intéresser de près à l'instrumentarium éthiopien. Bien que mon intérêt soit recentré dorénavant sur les instruments à vent, il m'était impossible d'ignorer les cordes, puisque ce sont les instruments les plus emblématiques des cultures du pays.
Parmi ceux-ci, trois dominent largement :
Le masenqo, une vièle monocorde à caisse losangique (https://fr.wikipedia.org/wiki/Masenqo)
La Begena, grande harpe à 10 cordes, dont l'histoire dit qu'elle aurait été ramenée d'Israël par le roi Mélénik 1er (https://fr.wikipedia.org/wiki/Begena).
La Krar est une lyre à 5 ou 6 cordes, vraisemblablement d'origine mésopotamienne (https://fr.wikipedia.org/wiki/Krar)

Krar (miniature) - Ethiopie - Bois, peau, cordes, perles
(Merci à Valéry pour sa quête)





La famille des flûtes est représentée par deux flûtes obliques:
- L'embilta est une flûte harmonique constituée d'un simple tube dépourvu de trous de jeu, en bambou dans le Sud, en métal dans le Nord.
- La washint est décrite comme "assez répandue sur les plateaux d'Ethiopie". Il s'agit d'une flûte en bambou à quatre trous de jeu, jouant sur le mode harmonique : pour chaque trous, on obtient les harmoniques de la note en variant la pression du souffle. Seuls les index et annulaires sont utilisés pour le jeu de la washint, les pousses et les majeurs servant au maintient de l'instrument. Il semble moins évident d'en trouver sur place que ce qu'en dit la littérature. Mon instrument provient du webshop de Temesgen.


F228 - Washint - Bambou - 390mm



Pour davantage d'informations relatives à la musique et aux instruments éthiopiens, je t'invite à te rendre sur http://www.sonusantiqva.org/w/Africa/Ethiopia/1992Caprice.html






mercredi 3 février 2016

2016

MEILLEURS VŒUX EN MUSIQUE,
QUE 2016 T'APPORTE JOIES ET SANTÉ !





L'année a été intéressante en termes d'acquisitions : pas mal de nouveaux instruments de musique - dont un orgue électronique! Hormis cette folie et deux guimbardes, mes acquisitions se concentrent finalement sur les instruments à vents (flûtes et anches). Quatre instruments sont en revanche sortis de ma collection, ce qui me fait un total, sauf erreur, de 385 instruments et objets musicaux.

lundi 28 décembre 2015

Intangible héritage, tome 2


J'avais déjà mentionné, pas plus tard que là en cliquant ici, un instrument de musique classé au Patrimoine Oral et Immatériel de l'Humanité par l'Unesco. Il s'agissait alors du duduk et de son répertoire. La flûte mongole Tsuur est le second instrument présent, ainsi que son répertoire, sur la liste de sauvegarde urgente au Patrimoine de Lunesco.

Présentations!






La flûte Tsuur fait partie de la famille des flûtes obliques. J'avais renseigné dans l'article consacré à cette famille, rappelle-toi, les origines perses de la grande majorité des instruments qui la composent. Or il faudra que celui d'entre toi qui s'en sent capable, chers lecteurs, m'explique le lien entre ces deux instruments. Route de la soie? Pas impossible, c'est une théorie à explorer.
Car au delà de l'organologie similaire - un simple tuyau dont une extrémité présente un biseau interne - il y a cette prise en bouche qui est en tous points semblable : au lieu d'être posée contre les lèvres comme les autres flûtes de la famille, les flûtes perses et mongoles se tiennent contre les incisives du dessus, la langue dirigeant l'air vers le bord biseauté de l'embouchure.
F223 - Tsuur - Cane de rhubarbe - 600mm

Ney à gauche, tsuur à droite (Ph : www.youtube.com)















Les similitudes s’arrêtent là : si le ney est un instrument chromatique, la flûte tsuur est quant à elle harmonique. C'est à dire que pour chacun des trois trous de jeu, plusieurs notes harmoniques peuvent être produites par la variation de l'intensité du souffle du musicien, quatre à cinq notes en fonction de la richesse harmonique de la flûte.

Ce qui fait ensuite la particularité unique de cet instrument et de son répertoire, c'est que le musicien chante en même temps qu'il souffle dans sa flûte selon la technique du chant guttural diphonique typique de la culture mongole, offrant ainsi un bourdon accompagnant la mélodie.


Ph. : http://www.unesco.org


S'il en existe des exemplaires en bois tourné, la flûte tsuur est traditionnellement fabriquée dans une tige florale d'apiacées (anciennement appelées ombellifères) telle la Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) ou dans la tige de plantes de la famille des polygonacées comme la renouée du Japon (Fallopia japonica), les deux plantes dépassant les deux mètres de hauteur, ou... la rhubarbe (Rheum rhabarbarum). L'exemplaire que je possède a été fabriqué en France par Sam MOUROT dans une tige de rhubarbe.

Renouée du Japon (printemps à gauche, hiver à droite)

Berce du Caucase


Et de cette acquisition me vient l'idée de ce projet : Puisque nous avons (bien malgré nous) des massifs de berces du Caucase et de renouées du Japon dans ma forêt bruxelloise, j'ai à ma disposition la matière première pour tenter de reproduire la flûte que je possède. Et comme la berce est particulièrement dangereuse - la sève provoque au contact de la peau des lésion photosensibles infligeant de sévères brûlures au soleil - je me suis réservé quelques belles tiges de renouée du Japon.




La suite de l'épisode l'année prochaine !


Sources:

vendredi 24 avril 2015

Autour du globe, encore.

Je n'aurai finalement pas laissé s'écouler beaucoup de temps entre deux articles consacrés aux flûtes globulaires. Hasard de calendrier...


Il se trouve que Pâques s'est terminé il y a peu et que le Lundi de Pâques, précisément, est le jour d'un marché traditionnel de la ville de Luxembourg : Eimaishen, traduction de Emmaüs, voit se tenir un marché aux sifflets traditionnels, les peckvillercher. Le peckvillchen (oui, au singulier, c'est comme ça...) traditionnel est un sifflet en terre cuite représentant un oiseau permettant de jouer de une à trois notes. Figuratifs ou réalistes, en terre-cuite naturelle ou décorée, peinte ou émaillée, c'est un festival de formes et de couleurs, le marché ravit les yeux des petits et grands. Et pour ne rien gâter, la poésie et l'humour sont de la partie! Je pourrais tenter d'en décrire davantage l'ambiance, mais comment y parvenir mieux qu'avec quelques photos?









L'Eimaishen m'a permis quelques rencontres et retrouvailles - et quelques dépenses, maudit sois-je!

Retrouvailles d'abord :
C'est en fait Samuel Bouchet qui m'en avait appris l'existence lors d'un échange de mails. Samuel? Souviens-toi, j'en parlais il n'y a pas si longtemps. Et j'ai fait la connaissance de sa compagne, Marta. Misère... leur stand est toujours un pur bonheur pour les yeux et les oreilles! J'ai cassé ma tirelire pour leur acheter une flûtes harmoniques en terre-cuite. Véritable bijou, qualités musicales et esthétiques indéniables, elle est le fruit des recherches de Samuel sur les contraintes de la matière : pour palier à la fragilité de la terre cuite pour des flûtes droites, il a créé cette forme serpentine qui s'enroule sur elle-même pour en assurer la solidité.
F215 - Flûte harmonique - France (04) - Terre-cuite - 600mm


Et rencontres ensuite : 

Alors je suis bien embêté parce je suis victime de ma mémoire, infinie mais limitée dans le temps... J'ai rencontré un céramiste qui fait de forts beaux objets, dont des sifflets et ocarinas. Il se trouve qu'il connait Samuel et l'a convaincu de venir à Luxembourg. L'ironie de la situation est qu'il est bruxellois! Je le croiserai un de ces jours sur un marché d’artisans qui se tient chaque semaine au cœur de la capitale, et je viendrai en douce corriger cet article. Deux sifflets acheté à son stand : Un sifflet à eau pour mon fils, et un private joke.



F218 - Sifflet "peckvillchen" à eau - Belgique - Terre-cuite - 100mm


La deuxième rencontre est encore un ami de Samuel. Ce dernier me l'avait décrit comme un excellent céramiste et facteur d'ocarina, et fin musicien. Olivier Gosselink réunit effectivement ces qualités - 1er prix de flûte au Conservatoire de Toulouse, tout de même! Et même une qualité supplémentaire puisque le bonhomme est éminemment sympathique! En revanche, je ne lui ai pas encore acheté d'instrument, mais ça ne saurait tarder (je n'ai qu'une tirelire à casser à la fois...). Il ne s'agit pas d'une illusion d'optique : ses ocarinas sub-basses sont simplement gi-gan-tesques!!!


Rencontre furtive, obstacle linguistique oblige (je suis un polyglotte misérable) : toute mignonne et emmitouflée, venue de Hongrie pour exposer ses ocarinas. J'ai trouvé cet ocarina basse assez joli.












F216 - Ocarina basse - Hongrie - Terre-cuite - 160mm



Voilà pour l'Eimaishen et ses sifflets. Un rendez-vous déjà pris pour l'année prochaine!




Il m'est impossible de clore ce dernier chapitre sur les ocarinas sans te présenter ma dernière acquisition sur eBay : Je t'avais expliqué, dans mon tout premier article sur le sujet, qu'on trouvait des ocarinas dans tous les matériaux possibles et imaginables.
Voilà qu'aujourd'hui m'est parvenu mon premier ocarina en métal,  une pièce relativement ancienne puisque quelques sources - dont Rodolphe DELCROIX - me renseignent des instruments semblables, estampillés des mêmes "A.A. déposé", datant de la fin du XIXe ou le tout début du XXe, probablement dus à Charles MATTHIEU. Autres sources intéressantes : 

Fabriqué en zamak, il présente 10 trous de jeu : 8 sur le dessus, 2 sur le dessous. Ses qualités musicales sont très sympa!

Merci à S.CANU de m'avoir permis d'acquérir ce joli instrument.



F220 - Ocarina soprano - France - Métal - 130mm


Je ne bouderai pas ton plaisir en t'invitant à lire cet article de Nicolas Lethuillier sur l'ocarina.



dimanche 15 mars 2015

Pour en finir avec la "flûte bawu"!

Je suis prêt à admettre que je suis sans doute un peu rigide, mais il y a un truc qui a tendance à me hérisser velu : Je lis trop souvent sur la toile - que ce soit sur des sites de vente, des blogs ou sur des forums consacrés aux instruments de musique traditionnels - le terme "flûte Bawu" ou "flûte Hmong" ou, pire encore, "flûte à anche" ! En faisant mes recherches sur le Bawu, je suis même tombé sur un article traitant des orgues à bouche hmongs, présentés comme des syrinx... le syrinx est la dénomination des flûtes de Pan!
Du reste, les choses sont plus claires en anglais (du moins quand on n’affirme pas "reed flute") : le Bawu est communément appelé "reed pipe", le terme "pipe" signifiant tout simplement "tuyau".

Et alors, me demandes-tu? Alors « Si ça continue, faudra que ça cesse ! » disait Hubert-Félix, et je suis bien d’accord avec lui.

Car enfin ?!
Pour rappel, les instruments à vent sont classés en fonction du mode de production du son. Et tu as vu que, chez les instruments de la famille des flûtes, le son est produit par le passage du souffle sur un biseau. Qu'il s'agisse d’un sifflet (flûtes à bec ou à conduit) ou de la position de la bouche sur le bord d’un orifice (flûtes traversières) ou sur l’extrémité du tuyau (flûtes de Pan, flûtes obliques, …), le son est produit par la turbulence que produit l'air en se brisant sur le biseau. 
Or les Bawus sont des instruments à anche simple, non pas battante comme les clarinettes, mais libre, et sont donc plus proches des orgues à bouche, harmoniums, accordéons, harmonicas, mélodicas, etc. Voilà pour le côté nomenclature et organologie.
Mais puisque les images valent souvent plus que les mots, je te présente les anches battantes et les anches libres :

Anches battantes
Clarinette - Madoura
Anches libres
Orgue à bouche khène - Bawu



Le Bawu est donc un instrument hmong.
Le "pays" Hmong s'étend du sud de la Chine au Triangle d'Or (Thaïlande, Vietnam et Laos). Peuple montagnard, les Hmongs constituent une des nombreuses minorités ethniques de ces pays. L'instrumentarium hmong comporte de nombreux instruments à anches libres : différents orgues à bouches, ainsi qu'un instrument cousin du Bawu : le Raj Nplaim (profonde inspiration : sur le site, ils disent encore "Flûte"...)







Le Bawu est traditionnellement un instrument en bambou, se jouant dans la position des flûtes traversières. Il en existe également une version verticale, souvent en bois tourné, dont la partie portant l'anche est abritée dans un bocal. Le tuyau est percé de 6+1 trous de jeu, et de 3 trous d'accord. Sa tessiture est d'une octave et une seconde.
Mon instrument est horizontal, en bambou. Les bagues des extrémités, traditionnellement en corne, semblent ici en plastique. L'anche est protégée par une petite plaque de plastique.

C22 - Bawu - Chine - Bambou, métal, plastique - 690mm







Merci à Tzynn pour ce bel instrument.



samedi 3 janvier 2015

Autour du globe #2

Cela fait déjà six ans – six ans?! – que je te parlais des ocarinas. Six ans déjà, c’était les débuts de l’aventure de ce blog. Une rencontre toute récente m'offre l'occasion de t'emmener dans un nouveau voyage autour du globe.

Tu te souviens ? Les ocarinas sont des flûtes globulaires, le plus souvent réalisées en terre-cuite. Mais le terme "ocarina" désigne l’instrument italien (de "oca", oie. Alors, "bec d’oie" ou "petite oie" ?)
Doté de dix trous de jeu, l’instrument (premier ocarina présenté là-bas en cliquant ici) permet un ambitus d’une octave et demi. L'instrument était décliné dans toutes les tessitures, du sopranino à la basse!

F69 - Ocarina soprano - Italie - Terre cuite - 140mm


Les ocarinas de ce type, qu'ils soient de fabrication industrielle ou artisanale, sont produits en séries sur base de moules, comme tu peux le voir sur cette photo (source : Site de vente en ligne) : Un moule pour le dos, un moule pour le ventre. On soude les deux parties puis on perce le sifflet et les trous de jeu. Les instruments sont ensuite séchés avant de passer au four. Le caractère unique des instruments se manifestera alors par l'éventuelle couverture d'émail ou de céramique, et par la décoration.



Quelques ocarinas sont venus enrichir le musée depuis la rédaction du premier article qui leur était consacré.

Et parmi ceux-ci, deux créations d’un couple d’artisans français, Marta Mezzino et Samuel Bouchet. Le premier m'a été offert il y un peu plus d'un an. Cette jolie petite pièce m’avait frappé par sa justesse et la précision de son son. L'objet présente cinq trous de jeu. Ce choix permet un jeu intuitif sur une échelle pentatonique, ou un jeu plus "classique" sur une échelle diatonique d'une octave.

F190 - Ocarina sopranino - France (S.Bouchet & M.Mezzino) - Terre cuite - 60mm




Une carte de visite étant jointe à l'instrument, j’ai pu découvrir l’univers de ses créateurs : Terre di Suoni (Terres de Sons en italien). Et j'ai patiemment attendu leur retour au Marché de Noël de Bruxelles pour m’offrir l'occasion de rencontrer Samuel et de lui acheter un instrument. J'ose dire - j'espère sans me tromper - que le contact est plutôt bien passé : Nous avons pu trouver un moment dans le timing surbooké de son activité de marché pour nous retrouver à la maison, autour d'une mousse houblonnée, pour de beaux échanges sur les ocarinas et autres instruments à vent. Samuel a une culture plus qu'appréciable des instruments à anche battante et à anche libre.

 Samuel à son stand, au Marché de Noël de Bruxelles




Ses ocarinas, Samuel les fabrique en se servant du creux de la main comme un moule. Une fois que les deux pièces sont soudées, il forme le(s) sifflet(s) et perse les trous de jeu. Une longue période d'un lent séchage assure la stabilité des pièces au moment de la cuisson à 980°C! Depuis quelques temps, le couple se passionne pour les pièces zoomorphes et les très gros ocarinas tels que tu peux en voir sur les photos ci-dessus. Que de beau labeur sous mes yeux, de véritables œuvres d'art d'une musicalité parfaite!
Rêve, lutin. Rêve...


L'ocarina que j'ai acheté à Samuel est un ocarina double : deux sifflets, cinq trous de jeu sur le dessus pour la partie mélodique en Sol, deux trous dessous pour le bourdon pouvant être modulé en Sol, La ou Do. En obstruant l'un ou l'autre sifflet, tu peux enrichir le jeu en alternant jeu mélodique, jeu de bourdon ou les deux ensembles. Il me reste à travailler - mais vraiment! - la technique du souffle continu car, si elle n'est pas indispensable, elle se montre ici véritablement intéressante!

F213 - Double ocarina ténor - France (S.Bouchet & M.Mezzino) - Terre cuite - 115mm







F128 - Ocarina soprano - Hongrie - Terre cuite - 141mm




F73 - Ocarina - République Tchèque - Terre cuite - 57mm








F77 - Ocarina - Amérique latine - Terre cuite - 78mm








F187 - Ocarina - Bulgarie - Terre cuite  - 80mm









F188 - Ocarina - Vietnam - Terre cuite - 95mm










F186 - Sifflet à eau - Russie - Céramique - 110mm









Si ce voyage autour des flûtes globulaires t'a plu, je t'invite à le poursuivre avec cet article trouvé sur la toile.

Je tiens à remercier Élodie et Laurent pour ce petit ocarina offert lors du Noël de l'année dernière.

Et évidemment, merci Samuel pour votre travail, à ta compagne et toi, et pour cette rencontre. Au plaisir à renouveler.


dimanche 28 décembre 2014

2015

! BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2015 !




Une fin d'année, c'est souvent le moment des bilans :


Au cours de l'année 2014, ma collection s’est vue enrichie de pas moins de 54 pièces ! Parmi ces acquisitions, il y a une vingtaine de dons et cadeaux, ainsi que ma première véritable réalisation, le low whistle issu du stage suivi au Mans au printemps dernier. Une des acquisitions faites en brocante – une kora traditionnelle - ne figure pas encore dans les pages du Musée car elle nécessite de trop grosses interventions de restauration. Cette année a été particulièrement fidèle à l’esprit initial de ma collection : les instruments dont j’ai personnellement fait l’acquisition sont pour la plus grande majorité des instruments à vent !

Inventaire des collections du musée :


362 instruments de musique (Y a-t-il un médecin dans la salle?)
Flûtes : 213 (23 entrées en 2014, dont beaucoup de flûtes obliques)
Anches simples : 33 (5 entrées en 2014)
Anches doubles : 14 (4 entrées en 2014, dont un duduk, enfin!)
Cuivres et trompes : 11 (1 entrée en 2014)
Cordes : 29 (8 entrées en 2014)
Guimbardes : 14 (1 entrée en 2014)
Percussions : 37 (9 entrées en 2014, mais une perte)
Jouets et miniatures : 11 (3 entrées en 2014)

Fréquentation du musée en 2014 : 


L’outil statistique de Blogger ne permettant pas d’obtenir une grille des visites annuelles, je me suis attelé cette année à en faire le compte quotidien. C’est un peu fou et contraignant, je ne recommencerai pas, mais ça m’aura permis d’avoir une idée relativement précise du succès de mon blog. Les limites de l’outil font que seuls les dix premiers pays, par ordre de fréquentation, sont retenus pour chaque période (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle ou pour la période entière depuis la création du blog). Les résultats les plus précis sont donc à rechercher quotidiennement.
Quoi qu’il en soit, la consultation des stats m’aura offert de belles surprises :
Le total des fréquentations de l’année s’élève à 12069 visites, provenant de pas moins de 82 pays des cinq continents. Parmi les plus présents, il y a bien sûr la France et la Belgique, où j’ai famille et nombre d’amis, mais plus étonnante est la présence, directement derrière, des États-Unis et de la Russie !! Deux pays non francophones dans le quartet de tête qui totalisent tout de même 2130 consultations sur l’année (moyenne de 130/mois pour les USA, et 47, 5/mois pour la Russie). Je salue amicalement, au passage, l’administrateur et les membres d'un forum russe consacré aux flûtes qui consultent régulièrement mes pages.

Je remercie évidemment les amis, collègues et membres de ma famille qui m'ont offert de belles pièces - Sabine, au passage! - ainsi que toi, lecteur toujours plus nombreux, qui fait vivre ce blog.

A très vite!


mardi 2 décembre 2014

Entre Buda et Pest


Ça y est, je l'ai enfin fait! Un premier voyage qui me permet d'ouvrir un premier carnet.



Art Nouveau : Le hall de l'hôtel Gellert et ses bains

Budapest, c’est évidemment le Danube qui sépare Buda marquée par ses reliefs, et Pest uniformément plate. C’est une ville-musée en mesure de rivaliser avec Paris pour le titre de ville-lumière. C’est le plaisir des yeux pour celui qui aime les belles pierres et l’architecture : de la Citadelle au Parlement, en passant par le Palais Royal, entre les styles Haussmann, néoclassique ou les immeubles et monuments stalinien, tu ne sauras pas où donner de la tête !
Parmi les styles architecturaux, il y a mon favori : l’Art Nouveau ! Appelé là-bas "Sécession", il est magnifiquement représenté par le musée des Arts décoratifs, l’hôtel Gellert et ses thermes, l’hôtel Gresham ou encore la Maison Bedö (Bedö Ház) – musée dans lequel on s’installe confortablement dans des salons d’époque pour un café – et tant d’autres immeubles dans des états de restauration variables, car…



Art Nouveau : La Villá Bállás, aujourd'hui et jadis

...Budapest, ce sont aussi des contrastes à chaque coin de rues : les bâtiments richement restaurés et entretenus côtoient les chancres urbains aux murs en décomposition. Quelle tristesse, par exemple, de contempler les dégâts du temps sur la Villa Bálá, autre représentant jadis illustre de l’Art Nouveau.

Bedö Ház et ses salons
Szentgellert sur les flanc du mont portant son nom
Le château royal

Le parlement hongrois


Art Nouveau : Le musée des Arts Décoratifs
Budapest, ce sont des musées dans chaque quartier : beaucoup de musées consacrés aux Arts (peinture, sculpture, photographie et musique) mais également à l’Histoire (la Maison de la Terreur, à ne louper sous aucun prétexte à condition de ne pas être trop sensible) et aux sciences.


La maison de la Terreur













Budapest, ce sont encore des lieux de cultes d’une richesse et d’une beauté étourdissante : des églises, catholique et serbes, des temples orthodoxes, et la plus grande synagogue d’Europe, parmi les plus belles au monde.


La basilique Szentistván (St-Etienne)
Ci-dessus, le dôme - A droite, les grandes orgues

Grande Synagogue

Notre-Dame des Neiges de Chrisztinaváros


Eglise Mattias
Notre-Dame des Neiges de Chrisztinaváros
Notre-dame de l'Assomption de Budavár

Budapest, c’est également l’ancien ghetto juif où l'on trouvera quelques lieux dédiés à la mémoire de la Shoah, parmi lesquels le très controversé Mémorial de l'Occupation Allemande.

Mémorial de l'Occupation Allemande
et face à lui, les témoignages
de la contestation
et de la vraie mémoire
Dans la cour de la Grande Synagogue
Le Saule Pleureur
dont chaque feuille porte le nom
d'une victime de la déportation!

Chaussures en bronze sur le quai
Mémoire des juifs fusillés et jetés dans le Danube


C'est également dans les rue de l'ancien ghetto que sont concentrés les lieux de sorties, restaurants, bars, cafés, et les kerts, ces places culturelles plus ou moins alternatives ou officielles, parmi lesquels mon préféré, Zsimpla, dans la célèbre rue Kazinczi.



Le lutin au Szimpla, et ces bières hongroises servies en demi-litre. Bues évidemment à ta santé!

Budapest, ce sont bien évidemment les incontournables sources d’eau chaude, pas moins de 118 sources connues depuis l’antiquité, qui ont permis le développement de nombreux thermes, dont les prestigieux bains de l'hôtel Gellert, d'une beauté stupéfiante dans un style Art Nouveau flamboyant, et  les thermes Szechenyi. Ces deux-là sont à ne louper sous aucun prétexte, mais il y en a encore des dizaines d'autres qui valent certainement le détour!

Les bains Szechenyi
Budapest, ce sont des transports en communs qui rivalisent de charmes et de diversité – entre les trams, bus trolleybus et métros, tous d’époques diverses – et qui se sont montrés d’une efficacité épatante en termes de fréquence et de ponctualité! Et ce métro, le plus petit et deuxième plus ancien après celui de Londres, quel charme désuet!






Et enfin, Budapest, c’est aussi le cimetière juif d’une soufflante beauté, hors du temps, d’une poésie absolue. Des hectares d’une forêt de pierres tombales et d’arbres. L’émotion était au rendez-vous lors d’une rencontre inattendue venue ajouter de la magie à l’ambiance du lieu.








Szentendre et son quartier historique

Si tu te rends à Budapest pour un bref séjour, je te recommande le détour par Szentendre (Saint André).

A une quarantaine de minutes en train de banlieue de Budapest, c’est un village coloré aux venelles piétonnes surplombant le Danube, avec presque autant d’églises que de maisons.





J’y ai cependant vécu ma grande déception de ce voyage : Le Routard m’avait pourtant dit "Vas-y pour le coup d’œil, véritable salon d’antiquités, des instruments de musique partout, etc." Autant demander à une truite de résister à l’asticot qui s’agite au bout de l’hameçon!

Alors effectivement, pour les yeux, c’était épatant : des armures médiévales, des casques de l’époque impériale, des outils divers et variés et… plein, plein d’instruments de musique, aux murs, suspendus au plafond, partout, le genre d'endroit que j'adore! Mais la surprise s’arrête là : tant pour la bouche que pour les oreilles, entre une cuisine plus qu'ordinaire - et chère! - et une musique d’ascenseurs d’avant les années ’80, je suis ressorti avec la conviction absolue de m’être fait eu…



Voilà pour ce qui est de ce premier carnet de voyage, place maintenant à l’essentiel.

Parce qu’évidemment, passionné par les instruments traditionnels du monde et particulièrement attiré par les cultures instrumentales et musicales d’Europe centrale, j’avais une petite idée derrière la tête en programmant ce séjour. J’avais repéré cette adresse sur le net juste après avoir réservé l'avion, et bien avant de penser à l'hôtel. J'ai donc décidé de m’y rendre physiquement plutôt que de bénéficier de son webshop, histoire de joindre l’agréable… à l’agréable.
Et bien m’en a pris!
Tárogató sur la place des Héros

La boutique A.Folk est une caverne d’Ali Baba comme je les aime, emplie de trésors fabuleux à ne plus savoir où donner du regard. L’accueil était à la hauteur de mes espérances : j’ai pu bénéficier de nombreuses explications sur les flûtes de la région, ainsi que des conseils avisés.
Malgré les restrictions de bagages imposées par une compagnie aérienne bien connue et qui m’empêchaient d’acquérir chaque flûte qui m’a été présentée, je ne suis pas revenu les mains vides.



Les deux flûtes que j'ai ramenées sont un "deux en une" en quelque sorte : La tête commune comportant l’embouchure et le sifflet, et deux corps interchangeables offrant deux flûtes fort différentes :


La caval (à ne pas confondre avec le kaval, tu te souviens?) est une flûte pastorale que l’on trouve de la Roumanie à la Tchéquie. Il s’agit d’une flûte à bec, ou plus justement « à lumière » ou « à bocal », son embouchure n’étant pas taillée en forme de bec. Le sifflet se trouve sur la face ventrale de la flûte, proche de l’embouchure. Cette configuration permet non seulement de l’abriter du vent, et d’éviter ainsi les perturbations du son, mais permet surtout au flûtiste d’adopter une technique de jeu saisissante : Il peut, de sa lèvre inférieure, partiellement obstruer le sifflet afin d’obtenir un son rauque et fort, enrichi en harmonie et en souffle, permettant de donner de la puissance aux notes graves. La flûte est percée de cinq à six trous selon la région. La mienne est percée de cinq trous et offre un jeu modal qui varie d’une région à l’autre : mode dorien ou phrygien, je peux passer une partie de vie à essayer de comprendre ce que ça signifie…

F210 - Caval - Hongrie - Bois, laiton - 565mm





La tilinkó est une flûte harmonique à bocal, d’origine moldave – à ne pas confondre avec la tilinka qui est une flûte harmonique oblique. Le sifflet est disposé de la même façon que sur la caval, permettant la même technique de jeu, mais point de trous sur le corps de la flûte : on obtient deux octaves en jouant sur les variations de la puissance du souffle et l’obstruction rapide et partielle de l’extrémité du tuyau.

F212 - Tinlinkó - Hongrie - Bois, laiton - 565mm




Je te recommande de cliquer à volonté sur les différents liens, sur les noms des instruments, ainsi que sur les photos.

Je t'invite également, mais tu n'en feras qu'à ta tête, à voir dans la colonne de droite le diaporama de ce voyage, dans lequel chaque photo est géo-référencée.

A la prochaine, pas avant, mais toujours avec plaisir.