mercredi 26 janvier 2022

2022

 


A chacun d'entre-toi, cher lecteur, ainsi qu'à tous tes êtres chers

Je souhaite le meilleurs pour l'année qui se présente

Si 2021 pouvait peut-être être pire

Gageons que 2022 ne pourra qu'être meilleure


2021 n'aura pas apporté beaucoup de nouveaux instruments dans mon petit musée, mais ceux dont j'ai pu faire acquisition sont de qualité, comme ces quelques cordes que j'ai présentées dans l'article ci-dessous consacré aux instruments du Toit du Monde.

Par contre, j'aurai réussi cette année à finaliser un projet dont la réalisation a été entamée en 2020 : la construction de ma bibliothèque rêvée et le réaménagement de ma salle de musique/jeux/lecture/chambre d'amis!

Car...
Ma bibliothèque, qui voyait les bandes dessinées côtoyer les instruments de musique, était située initialement dans le salon et faisait face au canapé. Entre 2007 et 2015, elle a connu quelques modifications au fil des acquisitions, tant en bandes dessinées qu'en instruments de musique.
(Amuse-toi au jeu des sept différences...)

  



















Cependant, la bibliothèque occupant le seul mur disponible, cette configuration plaçait le canapé dos au jardin. Jusqu'au jour où une belle âme m'a suggéré l'idée qu'il était fou - voire stupide - de ne pas profiter de la vue du jardin depuis ce canapé... et donc de me voir proposé de faire mouvement de ce meuble et de son contenu vers la pièce de jeu/musique/chambre d'amis. 

Les instruments un peu partout et les BD dans les cartons, là, dans le coin...

C'est donc en août 2020, grâce à mon ami J-L, ébéniste de son état, et avec l'aide de mon amie É que j'ai pu enfin réaménager cet espace : une petite dizaine de journées en atelier, des longues journées de pose de verni (merci É qui a assuré : sans elle je n'y serais pas arrivé)

  


  









  

Voilà. Tu l'auras noté, il y a un grand absent dans la pièce : l'orgue électronique prenant trop de place, j'ai dû me résigner à m'en séparer.


À la prochaine (pas avant)

samedi 25 décembre 2021

Sur le toit du monde


Source : https://www.travelsmithnepal.com
Le Tibet et le Népal, ainsi que l'ensemble de la région, constituent un berceau incroyable de cultures instrumentales et musicales.

Rien qu'au Népal, il existerait plus de cent groupes ethniques ayant leur propre culture, leur propre tradition qui voit la musique accompagner chaque moment de la Vie, de la naissance à la mort. Musique profane ou musiques sacrées, à chaque culture ses traditions et ses rituels. Et ses instruments!

À travers toute la chaîne himalayenne, de nombreux instruments de musique sont présents dans les temples bouddhistes et participent aux rituels : trompes (Gungchen et Radong), cornes en fémur humain (Kangling), conques (Dung dkar), hautbois (Gyaling), tambours , cymbales et cloches...

La musique profane, elle, utilise un éventail incroyable d'instruments à cordes (luth ou vièles), à vents (flûtes, instruments à anches simples ou doubles, trompes et trompettes) et instruments de percussion (guimbardes, tambours et gongs)

Vents

Flûtes :

Source : Google photos
Les sites de voyages au Népal regorgent de photos de paysages montagneux, de villages perchés et de temples. Et tu y vois presque systématiquement une photo de marchands ambulants portant un "arbre de flûtes", cette grande canne portant leur stock de flûtes disposées en épi au sommet de cette canne.

Il me semble bien reconnaître une de mes flûtes Tika sur cette photo. Elle est relativement juste et j'aime le son soufflé qu'elle m'offre.

F134 - Flûte traversière "Tika" - Népal - Bois et métal - 450mm

J'ai trouvé la flûte suivante en brocante. Il s'agit d'une flûte à conduit : elle possède un sifflet taillé dans le bois, comme les flûtes à bec. Cependant, l'embouchure de celle-ci étant latérale, elle se tient à la façon des flûtes traversières. Elle a un son pur et clair, percutant dans les aigus et doux dans les graves.

F231 - Flute à conduit latéral - Népal - Bois - 390mm

Trompes :

Les rituels des temples sont rythmés par plusieurs types de trompes :

La trompe en laiton Gungchen peut dépasser les trois mètres. L'instrument que je possède est de taille beaucoup plus modeste. Je lui avais consacré un article à l'époque de son acquisition, c'est par là en cliquant ici
 
T3 - Trompe Dungchen - Tibet - Laiton et petites pierres - 1065mm

La conque Dung-dkar, dont le nom est littéralement traduit du tibétain par "coquille blanche", est une trompe taillée dans un coquillage marin qui peut atteindre de grandes dimensions. 
        
T4 - Trompe Dung-dkar - Népal -  Fossile - 170mm
Dans la culture tibétaine, elle est l'une des huit représentations du bonheur et symbolise la diffusion de la sagesse et de la connaissance dans la lutte contre l'ignorance. Certaines de ces trompes sont richement sculptées de représentation de dragons ou de motifs floraux, d'autres encore de manifestations d'éléments météorologiques tels que nuages et vents. En effet, on trouve dans la littérature qu'il lui serait attribué - du fait de ses origines marines - un pouvoir magique sur la pluie. Enfin, on trouve beaucoup de ces conques plus richement décorées encore par le recouvrement de l'embouchure et du pavillon par des feuilles d'argent sculptées et incrustées de pierres colorées.
Si l'instrument que je possède est d'une simplicité pure, il ne s'agit cependant pas d'un coquillage mais d'un fossile! Son poids (un peu moins d'un kilo pour un coquillage de dix-sept centimètres de long!) et sa puissante sonorité sont impressionnants.


Cordes

Les deux instruments à cordes que j'ai trouvés (le premier en brocante, le second au marché aux Puces de Bruxelles), sont taillés dans une pièce de bois massif. Ils doivent faire l'objet de petites restaurations, mais je n'ai pas pu résister à la beauté et la qualité de ces pièces.

Les cordophones, sur le toit du monde, se répartissent entre vièles - instruments à cordes frottées, le plus souvent tenue verticalement, posée sur le genou - et les luth - instruments à cordes pincées. Ce sont des instruments de musique populaire ou de musique dite "savante", et ne sont pas présents dans les monastères

Vièle :

Cde30 - Sârangi - Népal - Bois, peau, corde - 550mm

Le Sârangi est une vièle qui se joue posée sur le genou du musicien. Instrument népalais dans cette forme, il est également présent dans le Nord de l'Inde, comme le montre la vidéo ci-dessous. En Inde, on trouve d'autres instruments à cordes frottées sous la même dénomination, des instruments plus massifs présentant de nombreuses cordes sympathiques (cordes mises en vibration par la seule vibration des cordes frottées)

Il manque quelques éléments à mon instrument, j'ai le projet de les façonner : une cheville, le chevalet et l'archet. Je devrai également remplacer les cordes et refaire la patine. Il semble que l'utilisation de teinture au brou de noix soit l'option.




      
  Sârangi népalais                                Sârangi indien                    

Luth :
Cde34 - Sgra Snyan - Népal - Bois, peau, corde - 800mm


Le Sgra Snyan est un luth à cinq cordes. Comme pour le Sârangi, une partie seulement de la caisse de résonance est recouverte de peau. Alors que, chez le Sârangi, l'autre partie est nue, elle est ici couverte par une planchette de bois ajourée. Le cheviller est sculpté en forme de tête de lion. À l'extrémité d'une courte cordelette se trouve une dent utilisée comme médiator.

Je devrai façonner un chevalet plat et, ici aussi, reprendre la patine.




Idiophones

Les guimbardes :

Je m'étalais déjà sur ce terme barbare d'idiophone en te présentant la famille des guimbardes dans un article qui date tout de même de 2008...

La guimbarde la plus courante au Népal est la Murchunga, aussi appelée Morchang. Il est écrit qu'elle était utilisée pour faire la cour...

J'ai eu l'occasion d'en trouver dans plusieurs boutiques, de différentes tailles et tessitures.

Gu11 - Murchunga - Népal - Métal - 110mm
Gu 8 - Murchunga - Népal - Métal - 70mm
Gu 15 - Murchunga - Népal - Métal - 55mm

Gu10 - Dan moï - Népal - Laiton - 105mm


Dans une des boutiques visitées à Bruxelles, j'ai trouvé une guimbarde de même facture que celles les dan-moï vietnamienne : une plaque de laiton dans laquelle est découpée l'anche de la guimbarde.


Le bol chantant :

Le bol chantant, instrument rituel s'il en est, est un objet fascinant! On ne sait pas vraiment comment ni où ils sont nés - on parle d'origines chamaniques mongoles - mais quelques sources mentionnent les échanges entre le Tibet et le Népal qui auraient donné naissance à l'élaboration d'un alliage constitué de sept métaux : or, argent, mercure, cuivre, fer, étain et plomb. À chaque métal sa valeur symbolique : planètes, parties du corps et de la spiritualisé, etc.

P57 - Bol chantant - Tibet - Alliage - Ø 195mm

On le trouve dans toutes les régions himalayennes - Tibet, Népal, Bhoutan, Ladakh, mais également dans le Nord de l'Inde - dans les monastères bouddhistes où il sert de vecteur à la méditation. Il est parvenu en Occident et est utilisé dans une approche similaire dans le yoga, la shiatsu, le qi gong et même la sophrologie ou dans des démarches de sonothérapie, ou enfin dans des rituels plus ou moins chamaniques.

Le bol chantant est une cloche inversée à battant externe. De ce battant - ou mailloche, pour être plus précis (oui: que veux-tu? j'aime la précision) - on frappe le bord du bol pour le faire tinter, ou on le frotte pour le mettre en résonance, pour le faire chanter! Geste technique : ne pas appuyer trop fort, ne pas tourner trop vite, la juste mesure pour atteindre l'harmonie...


Les cymbales :

P16 - Tingsha - Tibet - Bronze et cuir 

Les petites cymbales Tingsha sont deux pièces d'alliages de bronze reliées par un lien de cuir. Elles sont utilisées tout comme les bols chantant dans les rituels bouddhistes, mais aussi durant les méditations zen, la pratique du yoga, feng shui, et dans les pratiques de thérapies par le son.

Certaines sources disent que le son des tingshas est une offrande faite aux dieux pour les remercier de leur venue sur Terre et les inciter à rester.


Lorsque elles sont frappées entre elles horizontalement, la vibration sonore aiguë et riche en harmoniques permettrait de se concentrer sur l'onde sonore et faire le vide, pour les meilleurs dispositions à la méditation.

Et d'autres : 

L'instrumentarium du Toit du Monde est encore riche de nombreuses percussions : tambours, carillons éoliens, cloches et gongs - je n'en possède pas de cette région géographique - ainsi que de grelots.

J'avais consacré un article sur les cloches et grelots il n'y a pas si longtemps, j'y montrait quelques pièces originaires de la région du Nord de l'Inde et du Népal. Je t’invite à cliquer ici pour aller là.

P26 - Grelot - Népal - Bronze et bois - 70mm

Comme tu auras pu le lire entre les lignes, l'instrumentarium du Toit du Monde est loin d'être représenté de façon exhaustive dans ma collection : quelques instruments cordes et percu manquent (mais tu me rappelleras que je me suis fait la promesse de ne plus en acquérir de nouveaux...), mais surtout des vents - les hautbois et les trompes en tibias.

Qui sait? Peut-être dans un autre épisode?

Sources : 

(cfr également la section consacrée à ma bibliothèque)

Musée des Instruments de Musique du Népal

Darmathèque

Peter & Clo

Maison de la Science et des Hommes

Guimbardes.fr

Artisans du Népal

vendredi 17 septembre 2021

Traditions retrouvées

Je t'avais parlé de la trompe de chasse il y a déjà un paquet d'années. Mon métier a longtemps été lié à cet instrument qui était joué par de nombreux gardes forestiers. La trompe est par ailleurs toujours présente sur nos insignes.

J'avais également, à la même époque, mentionné cette photo datant de 1902 montrant le cantonnement des Eaux et Forêts de Watermael-Boitsfort et certains gardes forestiers portant leur trompe de chasse.

 


Je m'étais lancé à l'époque dans l'apprentissage de l'instrument, rapidement interrompu pour incompatibilités de cumules : se lancer de front dans l'apprentissage de la clarinette, du piano et de la trompe, il a fallu choisir et donc renoncer. Ensuite, l'école de trompe de Watermael-Boitsfort a cessé ses activités (je réfute formellement toute responsabilité)


Mais voilà qu'un mois avant le début de la crise sanitaire et le premier confinement de mars 2020, je fus recontacté par le nouveau secrétaire du Cercle Royal Saint Hubert de Bruxelles qui m'annonçait sa volonté de relancer les activités de cette association. "Ça te dit toujours d'apprendre la trompe?", "Ah non, peut-être?". Dont acte!

Le Cercle Saint Hubert a été fondé par Max de Villers Grandchamps et Emile Jacquemain en mai 1882 avec la volonté, entre autres, de sonner la messe de Saint Hubert à l'église du Sablon, à Bruxelles, le 3 novembre suivant. Ce qui fut fait, donc, et cette prestation a très vite figuré comme engagement dans chacune des versions des statuts du cercle jusqu'ici.

En Belgique, toute association ayant plus de cinquante ans d'existence devient royale.

Mon collègue Matthieu Pierret et moi, en entrainement
au cœur du Monument des Forestiers
Forêt de Soignes, Uccle

Et l'aventure a donc commencé, quelque peu contrariée par les mesures sanitaires. L'avantage d'un instrument joué en plein air et, qui plus est, préférentiellement en forêt, c'est qu'on était moins contraints par lesdites mesures. Si bien que nous avons pu travailler régulièrement, et j'ai rapidement fait l'acquisition de mon propre instrument auprès de la marque Couesnon.
J'ai même réussi à convaincre un de mes collègues forestiers de nous rejoindre.




Le cercle a également vu avec plaisir ses effectifs se féminiser, grâce à l'arrivée de trois dames!

Si bien qu'aujourd'hui, la petite dizaine de nouveaux sonneurs ayant rapidement progressé, le cercle peut recommencer à se produire en public, si-si! Ce que nous avons pu faire pour la première fois lors de la dernière édition des 20km de Bruxelles la semaine passée (image et montage, Jean-Frédéric Hanssens) :





D'autres prestations sont déjà programmées à Bruxelles :

  •  17/10/2021 : La journée de la Forêt de Soignes, à Rouge-Cloître (Auderghem)
  •  03/11/2021 : La messe de Saint Hubert à l'église du Sablon (Bruxelles)


T11 - Trompe de chasse - France (Couesnon, Paris)



mercredi 13 janvier 2021

2021

 JE TE SOUHAITE À TOUS UNE MEILLEURE ANNÉE

2021

LEYSTER Judith
Boy Playing a Flute

Qu'elle te permette de t'épanouir.

En musique si possible!


dimanche 26 juillet 2020

Cousin-cousine?

À la faveur de quelques récentes acquisitions, je m'en reviens ressusciter mon blog.

Je te présentais déjà très brièvement le hulusi dans un vieil article, comme "un cousin du pungi indien". C'est d'ailleurs ce que l'on peut lire sur la plupart des sites parlant de cet instrument.
Mais ces deux instruments, le pungi et le hulusi, sont-ils réellement cousins?

Si l'on se base sur l'apparence extérieure, en effet, ces deux instruments sont forts semblables : une gourde (calebasse) pourvue d'un, deux ou trois tuyaux de bambou, voilà les éléments d'une évidente ressemblance.

 
O14 - Hulusi - Vietnam - 470mm
C30 - Pungi - Inde - 400mm

Mais la similitude s'arrête là : en s'intéressant à l'organologie, on se rend vite compte de ce qui sépare les deux instruments.

"Organologie, organologie, et puis quoi?"
Du calme : l'organologie, je t'en offrais un petit aperçu général dans cet article visant à identifier les différentes familles d'instruments à vent; il permettait d'y voir un peu clair sur le vocabulaire. Plus tard, j'entrais davantage dans le détail de la famille des instruments à anches. Enfin, le présent article reprendra des éléments déjà précisés dans cette page consacrée à la "flûte" bawu.


Car la clef se situe précisément au niveau des anches : le hulusi est un instrument à anches libres, ce qui le rend plus proche des accordéons, harmoniums et harmonicas, dont il est un lointain ancêtre, à l’instar de l'orgue à bouche lashai-shi, du bawu, et du raj nplaim. L'anche est en effet taillée dans une plaque de laiton insérée dans le tuyau de bois ou de bambou et elle vibre librement de part et d'autre de son cadre.







Quant à lui, le pungi est un instrument à anches battantes. Ces anches sont en tous points identiques aux anches d'instruments d'origine perse et que l'on trouve sur tout le pourtour méditerranéen. Cet organe sonore le rapproche donc de certaines cornemuses et des ancêtres de la clarinette, telles que les mandouras, zummaras, zamr et autres launeddas




Cependant, les différences ne relèvent pas que de l'organologie :

Originaire de Chine, de culture Daï, le hulusi est un instrument de cour et d'orchestre, associé à un répertoire de la musique dite savante. Le répertoire classique ne présente pas de pièces nécessitant l'utilisation du souffle continu. Cette technique appliquée au jeu du hulusi relèverait plutôt d'un usage moderne.
La minorité Dai est présente dans une vaste région couvrant le sud de la province chinoise du Yunnan, le Vietnam, le Laos, la Thaïlande et le Myanmar. Aussi, même si le hulusi est davantage présent en Chine, et bien au-delà d'ailleurs de la seule province du Yunnan, on trouve également cet instrument dans ces pays.


Le hulusi fait partie de ces instruments originaires d’Extrême-orient qui ont voyagé jusqu'en occident via la route de la soie, et qui ont permis de décliner son organologie dans l'invention de nouveaux instruments tels que, je te le disais plus haut, les accordéons et les harmonicas.

Le pungi, en revanche, rassemble les caractéristiques organologiques d'instruments à vent originaires du Moyen-Orient, et qui seraient parvenus jusqu'en Chine via la route des épices.

Contrairement au hulusi, le pungi est un instrument populaire, un instrument de rue joué en Inde, au Pakistan et au Népal par la caste des saperas, les charmeurs de serpents. La technique de jeu du pungi exige la maîtrise du souffle continu permettant de ne pas avoir d'interruption dans l'émission du son : le musicien, par la contraction des joues et de la gorge, est en mesure d'expulser de l'air dans l'instrument tout en inspirant de l'air par le nez.
Il est à noter que les serpents sont sourds! Ce n'est donc pas au son de la musique qu'ils "dansent", mais c'est excités par les mouvements de l'instrumentiste qu'ils adoptent leur posture de défense devant celui qui leur apparaît comme une menace.




Toujours est-il que voilà exactement ce qui me passionne dans l'approche des instruments traditionnels : elle permet de prendre conscience des échanges, des voyages, du brassage de cultures et des inspirations qui ont permis de voir évoluer de nombreux instruments, et d'en voir naître de nouveaux.
Le hulusi et le pungi sont peut-être bel et bien cousins, finalement : le premier ayant peut-être bénéficié de l'apport de l'organe sonore d'un instrument importé pour donner naissance au second.

C31 - Pungi - Inde - 400mm


Voici pour ce nouveau souffle du Musée.

À vite !

lundi 27 mai 2019

In Memoriam

A l'occasion d'une rencontre et d'un échange de sympathie avec deux musiciens, jeudi dernier, voici que j'ai appris d'eux le décès de deux personnes que j'ai eu - peu ou prou - l'occasion de côtoyer ou croiser au cours de mes pérégrinations instrumentales.


Le premier, je n'en reviens pas...


Je ne l'ai croisé qu'une seule fois, mais Bernard Loffet m'avait marqué par sa gentillesse, sa simplicité et sa générosité. Il me faisait l'effet de la personne précieuse à côtoyer, à connaître.
Je t''en parlais dans un article sur l'accordéon et un autre sur mes adresses.

Sans que je le connaisse vraiment, donc, j'ai ressenti un vide en apprenant sa disparition.
Pensées fraternelles envers ses proches et ses amis.

Photo:



Le second, je l'ai côtoyé plus régulièrement : sa caverne d'Ali Baba se trouvant à Bruxelles, j'y ai acheté de nombreux instruments de musique.
Cela faisait environ deux ans que sa boutique avait disparu des abords de la place du Jeu de Balle sur laquelle se tient le Marché aux Puces.
Son lieu était un dédale de couloirs étroits, d'escaliers casses-cous et d'enfilades de pièces. Autant d'éléments de labyrinthe surchargés d'objets de tous types et de tous usages : objets rituels (masques, statuaires), usuels (pots, bols, couverts, ustensiles, jeux, etc), décoratifs, armes (lances et flèches, boucliers, etc) et... instruments de musique bien sûr!

Je n'aurai jamais connu son nom, mais son accueil était chaleureux et souriant.






lundi 7 janvier 2019

An (dix-)neuf!


Je fais le voeu de pouvoir t'offrir à l'avenir une photo de saison, avec de la neige! J'ai pris ce cerisier en fleurs en photo ce 24 décembre 2018!

Bonne année tout de même!

mardi 2 octobre 2018

Retour de brocante, troisième!

Tu le sais, je fais parfois - souvent - de belles trouvailles au cours de mes pérégrinations dans les allées des brocantes ou marchés aux puces. Heureusement pour moi, il ne s'agit généralement pas de dépenses déraisonnables. Il faut bien reconnaître que je respecte dorénavant une règle en trois points :

  1. Me concentrer sur les instruments dont je peux jouer : vents et claviers, ok.
  2. Me concentrer sur les instruments en état de jeu (sauf légères réparations ou restauration réalisables dans mes capacités techniques et/ou budgets si l'instrument est intéressant ou rare)
  3. Me rappeler que je ne suis pas riche.

Cette année écoulée a donc été moins faste que certaines années antérieures, mais je ne peux pas me plaindre de la qualité de mes trouvailles.

   Vents : 




J'attendais depuis longtemps l'occasion d'acquérir un saxophone soprano : j'aime le look de cet instrument droit qui le démarque de la forme classique en S de ses cousins. A la brocante mensuelle du viaduc d'Hermann-Debroux, il était là, dans son étuit, en état impeccable, fourni avec son bec en métal et deux bocaux (un droit, un courbe).

C27 - Saxophone soprano - Brésil (Eagle) - Aliage - 725mm





À la grande brocante annuelle de Rhode St-Genèse, pas plus tard que ce weekend, j'ai été attiré par cette petite flûte à conduit : de facture et doigté identiques aux doigté et facture des flûtes à bec pastorales, son embouchure latérale lui confère une position traversière lui donnant l'allure d'un fifre. Aucune idée pour l'instant de son origine géographique - quoiqu'intuitivement, en jugeant de sa tête et de sa décoration, je pense immédiatement au Népal, à confirmer. Le son est doux dans le registre grave, et clair et vif dans les aigus. Elle est assez juste et offre deux octaves et une tierce sans forcer.
F241 - Fluite à conduit - Origine inconnue - Bois - 390mm


Au Marché aux puces de la place du Jeu de Balle, j'ai été séduit par un harmonium électrique d'une marque belge. En parfait état de jeu et à un prix très sympa, je n'ai pas résisté. Je n'ai pas à m'en plaindre : le charme décalé du son émis par sa soufflerie électrique n'y est pas pour rien, le plaisir est au rendez-vous!
O13 - Harmonium électrique - Belgique (Magnus) - Plastique et métal - 475x240x240mm


   Claviers :

Ie3 - Clavier-maître (midi) - USA (M-Audio) - Plastique et métal - 410x240mm
À la plus grande brocante annuelle de ma commune, le prix qui m'était proposé pour ce clavier numérique - un euro symbolique! - ne m'a pas fait hésiter longtemps.
Le clavier midi est un instrument consacré à la musique sur ordinateur. Il permet une infinité de sons, d'effets, l'utilisation de loops et d'enregistrements multi-pistes, de quoi se créer un orchestre dans son bureau.





   Percussions :

Je sais, j'avais dit "uniquement des instruments dont je peux jouer, donc plus de cordes ni d'instruments de persussions". Sauf que là, il n'y a pas vraiment faute puisqu'il ne s'agit pas d'instruments de musique à proprement parler, mais d'instruments sonores :



Cette belle crécelle à la forte sonorité ne pouvait pas me laisser indifférent. D'origine belge et de facture relativement ancienne, elle était plus que certainement utilisée lors des rituels carnavalesques destinés à chasser le bonhomme Hiver.

P47 - Crécelle - Belgique - Bois - 400x250mm








Ce carillon éolien à la facture sobre et à la sonorité irréprochable de douceur et de musicalité est dorénavant suspendu au mur de ma terrasse. Vive le vent!

P51 - Carillon éolien - Origine inconnue - Bois, alumium, ficelles - 700mm















Pour le reste, quelques cloches sont venues compléter la documentation de cette famille d'idiophones à laquelle j'ai consacré cet article récent.