jeudi 24 septembre 2009

Le doigté de la suling

Je me permets ce qui pourrait ressembler à un hors sujet en ce qui concerne mon musée, mais pas tant que çà, en fait: J'ai reçu, il y a quelques jours, un commentaire plutôt sympa sur un sujet rédigé en décembre dernier et consacré aux flûtes à bandeau d'Indonésie: Hugues y témoigne de sa découverte des sulings et de la passion qui en a découlé, à tel point qu'il en délaisse presque les tin whistle dont il jouait jusque là:
"Bonjour, bravo pour votre blog ! Je voudrais témoigner de mon coup de cœur pour la Suling...
Je joue de la flûte dans mon coin depuis plus de 20 ans, mais jamais je n'ai pratiqué à très haut niveau (je suis bassiste et la basse passe avant). Cependant, j'aime beaucoup jouer du Tin Whistle et cet été j'ai découvert la Suling par hasard dans un magasin. J'en ai acheté une grande en Ré (repérée à l'oreille aprés avoir testé toutes les Suling en stock) et j'en joue comme d'un Low Whistle pour composer des musiques orientées "celtiques". A vrai dire, j'en délaisse même mes Tin Whistle... mais j'utilise la Suling dans un contexte très différent de la musique balinaise, que je ne connais pas du tout d'ailleurs !"
Dans son message, Hugues met en liens une photo de sa flûte, ainsi que des vidéos de ce qu'il en joue, et c'est pas mal du tout:


Regarde sur YouTube son interprétation du morceau traditionnel irlandais "The Recruiting Sergeant"

J'espère ne pas paraitre présomptueux en doutant de l'usage du doigté des tin/low whistles sur la suling: il me semble que le jeu manque de justesse...
Voici à ton attention, Hugues (et à l'attention de chacun d'entre toi, cher lecteur, qui y trouvera un intérêt), une tablature présentant le doigté des sulings que j'ai sortie de la bibliothèque du Musée des Instruments de Musique de Bruxelles (n'hésite pas à cliquer sur l'image):

dimanche 13 septembre 2009

Narcisse, Narcisse...

Narcisse pointe le bout de son bec. Voilà en vrac quelques photos prises à différents moments de ma vie: A l'occasion d'événements culturels divers, en famille ou entre amis, plus jeune, moins gros (enfin... plus mince qu'aujourd'hui...), sans barbe ou chevelu, mais toujours une flûte en main! Ne pas hésiter à cliquer sur les photos.

Quel âge pouvais-je avoir? 23-24 ans?



Avec Yiddish Brisl aux Glacières de l'Espace Catastrophe



















Avec Yiddish Brisl à la Zinneke Parade 2002




Une image de western musical avec le lutin au kazoo, Willy à la mandoline qui cache André à l'accordéon, Georges à la guitare, Jorge à pieds, et (honte sur moi!) j'ai oublié les prénoms du clarinettiste et du second guitariste...


Fête de la rue de l'Hospice Communal, juin 2002
Lutin, Katja, André, Georges, et le bras gauche de Willy armé de sa mandoline








Fête de la rue de l'Hospice Communal, en juin 2003, en grande conversation avec Alfred




Fête des Musiques juives 2007








Avec Gilles à la flûte soprano, Alain à la guitare et Daniel à la darbouka







Avec Krupnik et Musta Largo au Nova en mai 2006











samedi 12 septembre 2009

On ne lui cloue pas le bec: on le lie...

Je tiens à remercier amicalement Denis, le Monsieur Clarinettes, rédacteur de l'indispensable Chtiot musée des Clariboles et compagnie et membre de l'Association des Collectionneurs d'Instruments de Musique à Vent, pour les précisions qu'il m'apporte à propos de mes clarinettes. J'ai ainsi, grâce à lui, pris connaissance de l'origine de la petite clarinette présentée dans le dernier article: elle a été fabriquée par la firme Herouard Frère, à La Couture (Heure), vraisemblablement vers 1860-1870!

J'ai également reçu de la part de Denis des précisions relatives aux modes de fixation de l'anche sur le bec, la ligature, donc. Ceci me permet de rédiger ce petit article d'organologie consacré aux becs. Je le cite:
"Les ligatures métalliques ont été crées par Iwan Muller dès les années 1806-1812 et diffusées largement dans les années 1820 en France puis dans toute l'Europe sauf l'Allemagne, en Autriche et parfois Italie et Pays-Bas."



Jusque là, les anches était ligaturées sur le bec au moyen de fil.


On voit sur le bec les rainures prévues pour la ligature de l'anche
(faut pas hésiter à cliquer sur la photo)







Ligature métallique sur ma clarinette contemporaine










"L'anche en dessous a été jouée en Allemagne dès la fin du XVIIe siècle, et vers 1820-30 en France. L'emplacement de l'estampille sur le bec (si il est signé, bien sûr) nous indique le mode de jeu. Idem pour savoir si les gens jouaient avec les dents supérieures posées sur le bec comme aujourd'hui (depuis la Méthode de Klosé en 1848) ou en pinçant l'anche avec les deux lèvres recouvrant les dents, comme pour le hautbois (encore spécifié dans une méthode française vers 1945 et utilisée en musique trad, en Bretagne par ex.)"



Les traces de dents présentes sur le bec de la clarinette Herouard Frères sont assez légères et superficielles pour permettre de déduire qu'elles sont récentes, sans doute dues à la méconnaissance de l'un de ses derniers propriétaires. En regard, le bec de ma clarinette anonyme (ci-contre), montre une usure bien plus marquée (le clarinettiste devait être affamé...)

De nos jours, on protège le bec (et nos dents!) grâce à une pastille de caoutchouc adhésive.