mercredi 18 février 2009

Un orgue en bouche

Tiens! Jusqu'ici, pour chaque groupe d'instruments que je te présentais, tu pouvais lire ce leitmotiv: "On les trouve aux quatre coins du monde", ou un truc du genre. Bah voilà encore, après les sulings et les shakuachis, une exception: Il est une famille d'instruments communs à l'extrême orient (Thaïlande, Laos, Birmanie, Chine, Japon,...), et qu'on ne trouve nulle part ailleurs: les orgues à bouche. Il s'agit de clarinettes* polycalames - tu te souviens? Plusieurs tuyaux mélodiques? En effet, chaque tube est équipé d'une anche libre taillée, soit dans le bambou, soit - plus souvent - dans une plaque de laiton. Si ta mémoire est bonne (meilleure que la mienne), j'ai posté un jour une vidéo montrant la fabrication de cet instrument. Sinon, petit rappel! Le principe de production de sons est celui-là même qui est utilisé sur les harmonicas et les accordéons. De là à dire qu'il s'agit de l'ancêtre de ces instruments... Selon les origines, ces tuyaux de bambous seront contenus dans un réservoir en bois ou en métal (Chine, Japon), ou traverseront ce réservoir (Laos, Birmanie, Thaïlande, Chine encore). Le joueur souffle dans l'instrument via un insuflateur ou une ouverture . Chaque tuyau est équipé d'un trou en aval de l'anche qui devra être bouché pour mettre cette anche en vibration.
Sheng - Chine - Bambou, bois et ivoire




Khang - Laos, sud de la Chine, bambou








Lahai-shi - Birmanie - Bambou, calebasse





Sho - Japon - Bambou, métal










Lahai shi - Thailande - Bambou, calebasse





Lusheng - Chine - Bambou









N'oublie pas de cliquer sur les noms d'instruments en gras.


Source des photos ci-dessus: Google
Ci-dessous, trois de mes instruments:




O1 - Khène - Laos - Bambou et bois - 82cm




O2 - Khène - Laos - Bambou et bois - 88cm





















O4 - Khène - Thaïlande - Bambou et bois - 66cm





















* Correction (04/2026) : le son des orgues à bouches étant produit par des anches libres, ils ne sont pas des clarinettes qui, elles, sont équipées d'une anche battante. Il s'agit donc d'un groupe distinct dans la famille des instruments à vent.
Ha oui, tiens, pendant que j'oublie: le terme anglais mouth organ désigne l'harmonica! A suivre, donc...

mardi 17 février 2009

Idioquoi? La vengeance

Idiophone. Derrière ce terme barbare (encore un), il faut comprendre "Instruments qui sonnent par eux-même". Il désigne la famille d'instruments de musique la plus ancienne, certainement celle des premiers instruments que l'Homme ait créés: Les percussions! Les premiers parce que les plus évidents: Il a suffit que l'Homme entende des branches s'entrechoquer ou des pierre rouler, le tambourinage d'un pic ou que sais-je, le claquement de dents d'un ours des cavernes réveillé au cœur de la 2e glaciation, pour qu'il reproduise ce son en entrechoquant lui aussi ce qu'il a sous la main. Les silex frappés entre eux pour tailler des outils auront tôt fait de créer des rythmes. Bien plus tard, il en sera de même avec le pilon servant à moudre le grain, etc. Et c'est toujours le cas aujourd'hui. Cette vaste famille se subdivise en une foultitude de sous-familles (j'aime ce mot, "foultitude"): Selon qu'il s'agisse de "simples" pièces de bois, pleines ou à fente, ou d'une peau tendue sur un cadre, une poterie ou une "caisse", ou des lamelles, ou des cloches ou des grelots, ou encore des hochets, les formes, les matériaux et les volumes sont d'une diversité infinie. Ceci induit évidemment une infinité de sonorités. Mon petit musée présente des instruments traditionnels ou de folklore de quatre continents, les voici.

Ci dessus: P17 - Carillon éolien
- Noix de coco et bambou - Vietnam - 105cm




P1 - Sanza - Noix de coco, bois et métal - République Dominicaine - 16,5cm










P3 - Guiro - Bolivie - Calebasse - 27cm










P4 - Cuillers -
Bois - Québec - 24cm
Cet instrument est le pendant de la paire de cuillers (spoons) utilisées dans les rythmes folks en Irlande, au Canada et chez les Cajuns, entre autres.












P6 - Amérique latine - Bois et roseau - 16cm













P10 - Cloche - Fonte - France - 30cm











P12 - Grelots sur tissus - Métal et laine - Belgique (Binche?) - 24cm







P16 - Tingsha - Alliage - Tibet - 6,5cm










P5 - Derbouka - Terre cuite et peau - Maroc - h = 37,5cm









Voilà, cher ami. Je comptais te présenter également mes percus africaines, mais voilà: D'abord il s'agit d'en garder pour renouveler le plaisir, et ensuite (et surtout) chacun de ces instruments est un véritable objet d'arts en soi. Ce sera le sujet d'un prochain article.

A bientôt, pas avant!

samedi 7 février 2009

Ââârgh! Orgues!

Avant de passer à autre chose, je voudrais te parler de tout autre chose avant... Comment ça, "Ce n'est pas clair"? Bon! Je résume et clarifie: je compte bientôt te parler d'une famille d'instruments d'Asie du sud-est, mais j'aimerais avant ça te parler des orgues. Voilà. Oui, parce que j'ai un ami qui habite dans une abbaye en attente de rénovation, qu'il se trouve que, dans cette abbaye, il y a une église, et que dans cette église, il y a un orgue d'église, si si. Et que donc j'ai eu le plaisir d'en jouer un peu... Et que j'en fus fort content! Puis il m'est venu une réflexion: Ce coquin, là, avec "son" orgue, possède d'un seul coup plus de flûtes que je n'en aurai jamais dans ma collection! Mince alors! Bon. Tu me diras que j'exagère un poil, que l'orgue c'est autre chose. Oui, certes, mais il n'empêche que chaque tuyau d'orgue est bel et bien une flûte! Tu te rappelles? Un tuyau, un sifflet, c'est une flûte! Alors il se trouve que je n'ai pas de photos de cet orgue-là, car après avoir cassé les oreilles des derniers moines présents dans les lieux (bah oui: je ne suis déjà pas encore pianiste, alors organiste...), la porte s'est trouvée fermée à clef! Donc je m'en suis allé visiter la cathédrale des Saints Michel et Gudule et suis resté comme deux ronds de flan devant le grand orgue suspendu qu'elle abrite, côté Nord à hauteur du triforium! Il fallait que je t'en parle. Tiens-toi bien:
"Construit à Barcelone par le facteur allemand Gerhard Grenzing et l'architecte anglais Imon Platt, et présent dans la cathédrale depuis l'an 2000, l'orgue suspendu en nid d'hirondelle comporte 4300 tuyaux."
4300 Tuyaux! Tu te rends compte? L'instrument possède en outre 63 jeux avec trompettes (car parmi les 4300 tuyaux, il y a 106 trompettes, voir photo), 4 claviers et un pédalier.
Le chœur et l'une des chapelles abritent des orgues plus modestes fabriqués à Bruxelles par Patrick Collon en 1973 et en 1977.

Cathédrale Sts Michel et Gudule
(Photo, cfr. sources)



Grand orgue suspendu de la nef centrale



Les trompettes
(Photo: cfr. sources)
Orgue du chœur (1977)










Orgue de chapelle (1973)






















































Sources photo:
- Cathédrale des Saints Michel et Gudule, Bruxelles - Schnell, Guides d'arts n°2463 - Verlag Schnell &Amp; Steiner GMBH Regensburgh - P.8
- Xavier Douley - http//www.cathedralestmichel.be/fr/cult_archi_orgues.php?lang=fr)

Organisation: a.s.b.l. Pianorama.

Vidéo: moodio tv.

jeudi 29 janvier 2009

Haaaa... (Nostalgie des traditions perdues...)


Administration des Eaux et Forêts - Province de Brabant - Bruxelles
Cantonnement de Boitsfort
10 juin 1902


Merci à Dominique pour la photo.


mercredi 21 janvier 2009

Trompe tibétaine



Pas plus tard qu'hier, en promenade en ville, je suis passé par une de mes boutiques préférées, Courrier Sud, une véritable caverne d'Alli Baba: tu y entres et aussitôt tes sens sont émerveillés! Tout y est beau, tout y est couleurs et parfums dépaysants. Les propriétaires vont régulièrement en Inde et au Vietnam et ramènent mille merveilles dans leur boutique: objets utilitaires, décoratifs, petit mobilier mural, lampes, bijoux ou étoffes, impossible de tout citer... Et, parfois, des instruments de musique (c'est de là que vient ma première guimbarde vietnamienne). Et, caché dans un coin, presque invisible, cet instrument merveilleux...

Il s'agit d'une trompe tibétaine Dungchen! Elle est en laiton martelé et les bagues de raccord et la guirlande du pavillon sont ciselées de motifs décoratifs. La trompe est télescopique: déployée, elle mesure 106,5cm, elle ne fait que 43,5cm une fois les segments emboîtés. Le diamètre de l'embouchure est de 5.5cm et celui du pavillon est de 15.5cm. (Clique sur le titre pour voir la fabrication d'une trompe tibétaine)
Cet instrument est utilisé dans les cérémonies boutistes tibétaines. On en trouve de plusieurs tailles, jusqu'à trois mètres de long! Elles sont soit posées au sol, soit portés par d'autres moines. Le son est tout simplement incroyable! Il me reste à lui trouver place chez moi, où elle sera correctement mise en valeur...

T3 - Gungchen - Tibet - Laiton - 106.5cm









Écoute la trompe tibétaine en cliquant ici.



samedi 17 janvier 2009

Trompeur

Les premiers chasseurs et guerriers, dès la préhistoire, comprirent très vite l'utilité, pour communiquer entre eux, d'instruments dont le son porte plus loin que la voix humaine. Les peuples vivant aux bords de la mer apprirent à souffler dans des conques marines, les hommes de l'intérieur des terres le firent avec des cornes d'aurochs, de vaches ou de béliers. Sous d'autres latitudes, ce furent des défenses d'éléphants, des cornes d'antilopes ou du bois. Les Nordiques enroulèrent de l'écorces de bouleau en forme de parfois très longs cornets. Chacun de ces instruments avait pour but de prolonger ou remplacer l'action des cordes vocales. L'âge du bronze et du cuivre vit des artisans enrouler des feuilles de métal pour en faire des cornets, des cors, etc. Tous les peuples de l'antiquité (Égyptiens, Grecs, Romains et Gaulois) ponctuèrent leurs guerres, leurs chasses et leurs fastueuses cérémonies de sonneries retentissantes. Dès l'époque du Classicisme, les cors naturels firent partie des orchestres.

Je suis garde forestier. Il est une tradition du corps des Eaux et Forêts qui s'est perdue au fil du temps: l'usage de la trompe de chasse. Nous avons en archives des photos de nos prédécesseurs, jusqu'à trois générations avant nous; sur chaque photo l'on voit des forestiers portant fièrement leur instrument autour de l'épaule (alors je vois d'ici se gausser les esprits mal tournés, mais pour une fois je suis sérieux...) Du coup, grâce à la présence d'une école de trompe qui se réunit chaque semaine dans ma commune, au sein de la forêt où je travaille, je me suis lancé cette année dans l'apprentissage de cet instrument, avec le secret espoir d’entraîner quelques collègues à ma suite, et de redonner ainsi un nouvel élan à cette tradition. La trompe de chasse que je présente ici ne m'appartient pas: elle m'est prêtée par l'école.














Trompe de chasse - Equipage - France - 4,445m
Les trompes Equipage sont dite lourdes: la feuille de cuivre est plus épaisse et donc plus robuste pour supporter les chocs lors des chasses à cheval. Note l'intérieur chaudronné de l'instrument.

Mais finalement, cor ou trompe? L'erreur est-elle permise?

Tout dépend de quel instrument l'on parle car cor naturel, cor de chasse et trompe de chasse sont trois instruments différents de la famille des cuivres: le son est produit par la vibration des lèvres dans une embouchure évasée, son qui est ensuite amplifié tout au long de son parcours dans un tuyau de perce conique (d'abord fin, puis s'élargissant vers l'extrémité) et terminé par un large pavillon. Aucun trou de jeu, ni clef ni piston ne permettent de moduler le son et de créer ainsi différentes notes: seul l'intensité du souffle de l'instrumentiste permettra d'obtenir les différentes harmonies de la note fondamentale de l'instrument. La littérature nous renseigne que le cor naturel est accordé en Mib, que le nombre de tours de tuyaux est variable et qu'une pièce se trouve entre le tuyau et l'embouchure pour en affiner l'accord, alors que la trompe de chasse est accordée en Ré et son tuyau est enroulé sur trois tours et demi. Mais la différence ne s'arrête pas là: Le cor naturel est joué en orchestres tandis que le cor de chasse, le mal nommé, est joué en harmonies ou en fanfares, militaires bien souvent; ces deux instruments sont joués face au public. Quant à la trompe de chasse, elle est liée à la vénerie, la chasse à courre: elle sert à signaler aux équipages, piétons et cavaliers, où en est la journée de chasse, par le morceau qui sera sonné - oui, car on ne joue pas de la trompe, on en sonne! A noter également qu'on ne parle pas de pièces, ni de morceaux musicaux, mais de fanfares. L'Arrivée au Rendez-vous, Le départ pour la chasse, l'Hallali, La Curée, Les Honneurs, sont autant de fanfares marquant les étapes de la journée, Le cerf (avec les déclinaisons liées à l'âge de l'animal: Dix-cors ou Jeunement, 3°tête ou La Dauphine, 4°tête ou La Fanfare du Roi), Le sanglier, Le renard, informent sur l'espèce chassée; Le Vol-ce-l'est (on voit l'emprunte du pied de l'animal), Le Débucher (l'animal quitte la forêt), La Plaine, renseignent les piétons sur la position de l'équipage à cheval et de la meute, et donc de l'animal, ou inversement. Lorsque la trompe est sonnée lors de manifestations telles que la St-Hubert, où lors de concerts, de messes, etc, les sonneurs envoient le son derrière eux et tournent donc le dos au public.

Sources:

  • Medved Nurbel - Nature Ethique, magasine de Groupement des Intérêts Cynégétiques, Environnementaux et Forestiers (Gicef) - N°195, mai 2006, p.19.
  • J'apprends la trompe - Méthode de trompe de chasse - Collectif - Fédération des Trompes de France (FITF)






T 1 - Didjeridoo - Provenance inconnue - Teck - 130cm

vendredi 16 janvier 2009

Le Musée, le vrai!

Salut ami lecteur! J'ai à cœur de te parler d'un de mes musées préférés à Bruxelles. Il réunit à lui seul deux de mes (trop) nombreuses passions: les instruments de musique et l'Art Nouveau! Voici donc le premier épisode du Musée des Instruments de Musique de Bruxelles, appellé affectueusement le MIM. (Ptit clic sur le titre)

A la fin du XIXe siècle, la création d'un musée officiel d'instruments de musique n'est pas une initiative isolée: une vingtaine de collections publiques existent déjà à travers l'Europe au moment de la création du Musée Instrumental de Bruxelles (c'était son nom), en 1877. A l'époque, il est rattaché au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles dans le but didactique de montrer aux élèves d'anciens instruments.
Deux collections s'y trouvent: celle du musicologue François-Joseph Fétis (1784-1871), entreposée au conservatoire dont il est le directeur, et celle offerte au roi Léopold II en 1876 par le Radjah Sourindro Mohun Tagora (1840-1914) et comprenant une centaine d'instruments indiens. Mais c'est Victor-Charles Mahillon (1841-1914), collectionneur et facteur d'instruments à vent, qui va hisser le musée parmi les premiers du monde: à sa mort, le Musée Instrumental est riche de quelque 3666 instruments, dont 3177 instruments originaux!
Mais voilà! Aussi bien les ateliers et les bureaux administratifs que les collections et réserves sont dispersés dans une quinzaine de bâtiments du quartier du Sablon (à côté du Conservatoire) et du quartier nord de Bruxelles, et les instruments conservés dans des conditions peu idéales. Avec l'accroissement des collections, il devient urgent de trouver un nouvel endroit pour accueillir le Musée. En 1926, le principal mécène menace même le gouvernement de retirer ses dons si la situation n'évolue pas. Malgré les promesses qui lui sont faites, il faudra attendre la fin des années '70 pour que l'Etat prenne conscience de la nécessité de trouver une solution globale au problème. Les anciens bâtiments Old England, dont l'un est un des fleurons de l'Art Nouveau à Bruxelles, sont acquis en 1978 pour y recevoir à la fois les salles d'expositions, les réserves et l'administration du MIM. Mais l'aventure est loin d'être terminée, car ce n'est qu'en 1999 que les collections y seront finalement déménagées!
A suivre, donc...





Clarinette Sib - Georges-Chrétien Bachmann
Bruxelles - 1830-1840

Clarinette Sib - Charles-Joseph Sax
Bruxelles - 1825-1830
(A noter, les clefs sculptées!)

















Clarinette en Sib - Albert
Bruxelles - 1875

(A observer: la clef de registre (pouce main gauche) tourne autour du corps supérieur pour obturer un trou sur le dessus)












Clarinette Sib - Cornelius Ward
Londre - 1860



Clarinette Romero sib
Clétage du corps supérieur
Bié & Noblet - Paris
Dernier quart du XIXe
Signée "Lefèvre à Paris"










Sources: Musée des instruments de musiques - Guide du visiteur - Pierre Mardaga, éditeur et MIM - pp 7 à 11
Je recommande, outre la visite de ce musée, la lecture de ce guide! (clic sur image
)

Crédit photos: Le lutin (exceptée la première provenant de la toile)


mardi 13 janvier 2009

Rêve de Shakuhachi..



Je ne peux pas évoquer le shakuhachi dans l'article précédent sans t'en parler davantage, cher lecteur: Il s'agit d'un instrument tellement merveilleux, chargé d'histoire, rempli de magie, et possédant un son tellement riche et puissant, aux couleurs infinies, que sa seule évocation transporte celui qui a eu la chance de l'entendre un jour. Cet article, pour une fois (mais il y en aura d'autres...), ne sera pas illustré de photos personnelles, mais de documents trouvés sur la toile.

Car, pour moi qui n'en possède pas, le shakuhachi est un rêve...





Il s'agit donc d'une flûte à encoche en bambou, d’origine japonaise. La flûte de bambou est arrivé au Japon depuis la Chine et la Corée. Toutefois, le shakuhachi proprement dit est nettement distinct de ses ancêtres continentaux, résultat de plusieurs siècles d’évolution au Japon.
Au Moyen-Âge, le shakuhachi est associé à la secte Fuke du bouddhisme zen, dont les moines, komuso, utilisaient le shakuhachi comme soutien à la méditation. Nombreuses sont les représentations (dessins, statuettes, ...) montrant ces moines itinérants jouant la tête dissimulée sous un panier de bambou tressé (Tengaï). Leurs mélodies (Honkyoku) suivaient le rythme de leur respiration. Encore que si la musique adoucit les mœurs, il est dit que cette solide flûte servait à l'occasion de massue... De nos jours, le jeu de shakuhachi est resté associée à la méditation.
L'instrument peut être en une pièce, mais est plus souvent en deux ou trois parties séparées par une bague en argent (en ivoire pour certains instruments anciens) ou en cuir. Il est taillé dans un solide pied de bambou, à la naissance des racines (ce sont les reliefs que l'on observe à l'extrémité de la flûte). L'intérieur est enduit de laque vermillon. L'embouchure est ouverte, l'encoche étant obtenue par un large biseautage du bord du tuyau, et non taillée comme pour la quena ou la xiao. L'instrument possède quatre larges trous de jeu sur le dessus, très largement espacés, et un trou au dessous pour le pouce. Les trous du dessus sont bouchés par la deuxième phallange des index et annulaires de chaque main; lors du jeu de shakuhachi, les majeurs et auriculaires restent posés sur le tuyau de la flûte. Les possiblités de son sont infinies: de grave et profond, il peut se faire sifflant et aigu, puis devenir brutal et claquant comme un fouet.








Musiciens en habits traditionnels et Tengaï

Festival Mondial de Shakuhachi au Conservatoire de Musique

Sydney, juillet 2008









Pieds de bambou utilisés pour la fabrication des shakuhachi

















Jeu complet de shakuhachi










Document You Tube: Jeu méditatif de shakuhachi (Faut cliquer)

Cet article est spécialement dédicacé à deux amis de bdgest, ils se reconnaîtront.