vendredi 19 novembre 2010

Lutin des hauts bois

J'en avais fait une petite approche dans cet article sur l'organologie des instruments à vent, voici donc une présentation un millipoil plus complète de cette magnifique famille d'instruments que sont les hautbois.
(Note, cher lecteur assidu, que j'ai modifié ce fameux article d'organologie en ajoutant l'une ou l'autre illustration et en clarifiant la compartimentation de la classification. J'espère que cela te paraîtra plus clair...)

Comme te l'apprendra Wikipedia si tu vas y faire un tour, l'histoire du hautbois remonte à l'antiquité, et on en trouve de l'Asie à l'Afrique en passant par l'Amérique du Sud. Utilisé en Occident par les ménestrels au Moyen-âge et à la Renaissance, il faisait partie des "hauts instruments" dédiés à la gloire des nobles et aux fonctions militaires et festives. Le milieu du 17ème siècle voit la naissance du hautbois baroque qui prendra une place significative dans les musiques savantes et écrites. L'instrument évoluera sans cesse pour devenir le hautbois moderne. Pour en apprendre davantage, je t'invite à visiter le site du hautbois, et surtout la partie consacrée aux familles des hautbois, baroques, modernes et traditionnels, qui te montrera l'incroyable variété des instruments existants.

Malgré l'année d'apprentissage de hautbois à ma sortie d'études (de tentative d'apprentissage, pour être plus juste...), je ne possède pas (encore?) d'instrument classique. Mes hautbois sont tous des instruments traditionnels provenant d'Afrique du Nord ou du Moyen-Orient. Il est intéressant de noter la ressemblance entre ces instruments arabes et ceux que l'on trouve aux quatre coins de l'Europe, de l'Espagne à la Yougoslavie en passant par l'Irlande et la Bretagne!


H1 - Ghaïta - Maroc - 43cm



















H2 - Ghaïta - Maroc - 44cm
















H3 - Mismar - Egypte - 31cm











H4 - Ghaïta - Tunisie - 40cm






H5 -
Mijwez - Liban - 43cm








Arme de destruction massive?

Merci à mes amis de Mayenne.

mercredi 6 octobre 2010

Plus d'une corde #2, ou le Voleur du Coeur

Voleur du Cœur...
C'est la traduction du nom de cet instrument indien développé au XIXe siècle. L'Esraj est décrit dans la littérature comme un instrument hybride, né du mariage de la vielle Sarinda et du Sitar. D'autres sources informent que la combinaison de la Sarinda et du Sitar aurait donné naissance bien plus tôt à la Dilruba (le Son du Cœur) vielle à caisse rectangulaire dont les corde sympathiques sont disposées dans l'axe des cordes frottées; ce serait cet instrument-ci qui aurait donné naissance à l'esraj, alors que les maharadja cherchaient à former des ensembles à cordes calqués sur les modèles occidentaux.
Mon instrument est fait d'une pièce de bois plein, la caisse de résonance étant creusée et recouverte de peau d'agneau.

J'en suis encore à chercher des documents sur l'historique de cet instrument, s'il devait se trouver quelqu'un parmi toi pour apporter des compléments d'informations, sois le bienvenu.
Esraj - Inde - Bois, métal, os, peau - 100cm

Voici une petite vidéo du jeu de l'instrument trouvée sur le Tube:


Je remercie Monsieur Paul Colinet pour les précieux renseignements fournis à propos de l'origine et l'accordage de l'Esraj, ainsi qu'une intervenante du forum Le Violon.org (tu te reconnaitras) pour ce qui est de l'usage de l'archet.

dimanche 26 septembre 2010

Jazzoflûtes en grandes pompes, ou détournement #2

Qu'est-ce qu'une flûte? Ce n'est pas à toi que je vais faire l'affront de poser la question: lecteur assidu de ce blog, tu as déjà trouvé la réponse dans cet article d'organologie.
Donc, un tuyau ou un volume d'air, un sifflet et ça y est. Partant de là, n'importe quel objet creux ou tubulaire peut servir à faire une flûte, donc pourquoi pas une pompe à vélo?
La première est en plastique, pompe standard munie d'une ouverture latérale avec embout. Dévisse l'embout, enlève le joint de caoutchouc et cette petite pièce de plastique et tu obtiens une ouverture latérale sur un tuyau contenant un volume d'air. La deuxième est une pompe à vélo à l'ancienne, en métal : perce un trou latéral à 2cm de l'extrémité pour obtenir l'embouchure; pour en jouer il faudra que tu obstrues le trou de l'extrémité de la pompe avec un bouchon ou avec le doigt (je le bouche avec le doigt). Pas besoin de trous de jeu, puisque la pompe augmentera ou diminuera le volume d'air à la façon d'une flûte à coulisse, et offrira donc un son plus ou moins aigu. La flûte traversière à coulisse est alors née, vive la flûte traversière à coulisse!

Jazzoflûte - Ébène et métal - Allemagne - Première moitié du XXe siècle - 16cm



F159 - Pompe à vélo - Plastique - 24 à 33.5cm



F160 - Pompe à vélo - Métal - 39 à 64cm






Voici une première vidéo avec la pompe à vélo en plastique: Une seule mélodie s'impose alors comme une évidence sur un tel instrument, c'est "A bicyclette", bien sûr, d'Yves Montant!



Pour la seconde flûte, je ne sais pas comment m'est venue l'idée de cette marche de Chopin, si ce n'est de faire de ma pompe à vélo une pompe... funèbre, ha-ha-ha... heu... Hem...

lundi 20 septembre 2010

De la musique et des poupées

Alors ce n'est pas mon habitude, mais je ne bouderai pas mon plaisir en présentant une amie, nouvelle arrivée sur blogspot et qui mérite ton attention, toi qui vient de plus en plus nombreux lire ces lignes pour ton plus grand plaisir. Certains d'entre toi qui fréquentent bdgest la connaissent bien: jeune étudiante en arts plastiques, toute en charme et gentillesse, j'ai nommé CamDoll, ma Camflan à nous! Il est des bravi qui se vendent en solde, mais je peux te dire que celui-ci n'est pas galvaudé: son univers vaut le détour! Tu aimeras ou pas, ça ravira tes sens ou non, ça te troublera ou ça te choquera, mais ça ne te laissera pas dans la demi-mesure. Voilà, clique sur le titre de ce message si tu oses.

Son univers gravitant autour des poupées, je ne pouvais manquer de lui souhaiter la bienviendue sur l'air de la Poupée Perdue, de Béla Bartók.

C'est parti!


samedi 11 septembre 2010

Détournements #1

Je vais commencer ici une série de sujets consacrés au détournement d'objets divers à des fins musicales. J'ai déjà abordé le jeu de cuillers à l'occasion de la présentation d'un de mes instruments de percussions dans cet article. Il est possible de faire de la musique avec à peu près tout dès lors qu'on s'intéresse aux percussions et cela semble évident. C'est d'ailleurs la première utilisation à laquelle on pense en imaginant faire des sons à partir d'objets courants. Pourtant, il y a moyen de faire véritablement de la musique à partir d'objets du quotidien (bouteilles en plastique ou en verre, pailles, petits pots, arrosoir, etc) ou d'objets naturels (fruits, brins d'herbe, coquillages, rameaux de sureau, etc). Deux bouquins sont absolument incontournables et se doivent d'enrichir la bibliothèque de celui qui s'intéresse au sujet:



Lutherie sauvage, par Max Vandervorst: Ce doux dingue propose de fabriquer des instruments de musique avec un tas d'objets ou pièces rapportées: bouteilles en plastique de récupération ou vieux vélos sont ses deux favoris.










Jouets sonores, par Serge Durin: Ici, il est proposé de récupérer des boîtes de pellicules photo (en voie de disparition...), des capsules de bouteilles en plastique, ou des pièces végétales divers: chaumes, cupules de chênes, gales d'hyménoptères (ce sont des insectes...) ou des rameaux de sureaux etc...




Voilà qui présente déjà une foule d'idées qui, une fois réalisées, permettent à peu de frais de se créer un véritable petit orchestre.
Je te dis "à bientôt pour un nouvel épisode" dans lequel je te montrerai qu'une pompe à vélo peut faire une flûte surprenante!

dimanche 1 août 2010

Chat alors!

C'est devenu une habitude.

J'ai un deuxième chat depuis quelques mois. Un chat terriblement demandeur de câlins, qui te lance de tels regards que le message ne peut être plus clair: "Je t'en supplie, caresse-moi... pi surtout, t'avise pas d'arrêter!" Or, lorsque je me mets au piano, j'ai autre chose à faire que d'accéder à ses demandes, tu vois? Du coup, pendant que je m'efforce de faire le clown (de Dmitri Kabalevsky), Tipex (puisque c'est le nom de mon greffier) s'assoit sur la chaise de mon prof et y va de ses appels du regard... ou de la patte...

A moins bien entendu que ce ne soit qu'un stratagème pour m'empêcher de massacrer davantage ce morceau? Pfff... Ce chat n'est qu'un chien!









mercredi 31 mars 2010

Cordes, donc!

Et c'est un bdgestiste qui gagne "un" chocolat. Merci, Francis, pour ta précieuse information et pour les nombreux liens que tu m'as envoyés!

Il s'agit donc bel et bien d'un instrument à cordes!

L'inanga (au pluriel, inango), dénommé en organologie "cithare en bouclier" ou encore "cithare en cuvette", ou "en berceau" ou "en chéneau", est joué du Congo à l'Afrique de l'Est en passant par le Rwanda et le Burundi. L'instrument est donc constitué d'une caisse de bois léger mais dur (relativement large dans le cas du mien, mais il en existe de plus étroites), aux extrémité de laquelle sont taillées des encoches par lesquelles passent les segments de la seule et unique corde. Je pensais qu'il devait manquer des chevalets, ne me figurant pas comment on pouvait obtenir des cordes de différentes notes dans ces conditions... Et bien pas du tout! En revanche, le musicien parvient à donner une tension différente à chaque segment de corde, obtenant ainsi une gamme précise.

Le jeu de l'inanga s'accompagne de chants murmurés en raison du faible volume sonore de l'instrument. Ecoute ici tout le mystérieux du répertoire, et regarde-le ici...

Voici d'autres illustrations d'inango:

















De gauche à droite:
Inango de Burundi, Tanzanie et Burundi

Ci-dessous: joueur d'Inanga



Sources:
Texte: Musique Traditionnelle au Burundi
Photos: Musique d'Afrique
D'autres morceaux à écouter: Mondomix - Musique du Burundi


mercredi 17 mars 2010

Corde ou pas?

J'ai reçu tout récemment un objet pour le moins interpellant... Présenté comme un bouclier africain, il se pourrait plus que probablement qu'il s'agisse d'un instrument de musique. Seulement voilà: pas moyen pour moi de trouver une trace de quoi que ce soit de ressemblant, ni dans mes bouquins, ni sur la toile!

La pièce mesure 930x280mm, le dos bombé comme celui d'un bouclier; une seule corde forme, en croisant le dos de l'objet, les différentes rangées...; une note au crayon indique "Musique Minanga Congo"; l'origine est certifiée: la personne est née et a vécu en République du Congo (ex-Zaïre-Congo belge). S'il s'agit bel et bien d'un instrument, il manque sans doute des chevalets permettant d'ajuster les notes...
Toute personne susceptible d'apporter quelque éclaircissement à propos de cet objet, ou sur le terme "Minanga" aura droit à un chocolat!

Voici la bête:

vendredi 12 mars 2010

Afric'Art

Ça fait longtemps que je te promettais cet article qui restait en chantier... J'espérais recroiser un ami perdu de vue qui m'avait raconté une histoire interpelante; j'aurais aimé la relater avec ses mots à lui, mais je n'ai plus eu l'occasion de le revoir et je n'ai plus ses coordonnées...

Il est originaire d'une région du Cameroun qui n'a conservé aucune trace de son patrimoine artistique traditionnel: aucune statue, ni masques, aucun instrument de musique ou rituel... Il était convaincu que tout çà n'avait jamais existé chez lui. Jusqu'au jour où, visitant un musée, il est en arrêt devant la légende d'un objet; la région mentionnée est sa région d'origine! Il n'en revient pas! Renseignement pris, il fait le constat que tout le patrimoine culturel de sa région a été dilapidé, vendu, récupéré par les collectionneurs et les musées au cours de la première moitié du XXe siècle...
Ça pose questions... Comment un pays peut-il se départir de son patrimoine? Comment les occidentaux ne se posent-ils pas de questions quant à la nécessité préserver ce patrimoine de pays lointains? Comment ont fait les autres pays pour conserver leur patrimoine? Sans parler de toutes les questions que je me pose personnellement sur toute la spéculation sur l'art tribal, comment se crée la valeur des objets "ethniques" ornant les vitrines des antiquaires de luxe?
P13 - Guiro (racloir) - Cameroun et Gabon - Bois et corde, bague en corne








J'ai eu la chance d'acquérir des instruments originaires d'Afrique centrale par le biais de ma grand-mère, ou d'amis, d'un prof de Gembloux, ou au hasard de rencontres du côté du marché aux puces de Bruxelles. Tu as pu voir des sifflets ici ou une flûte là-bas.

Voici une sélection d'autres instruments africains de ma collection:


P8 - Tambour - Congo - Bois et peau














P14 - Caxixi - Cameroun - Bois, chanvre, roseau et coquillages








P15 - Cloche - Gabon - Bois et corde













P19 - Crotales - Cameroun - Coques de fruits et cordes








P20 - Djembe - Sénégal - Bois, corde et peau











P21 - Tambour - Congo - Bois et peau













Cet article est évidemment dédié à Pierre-Yves, avec mon amitié...

vendredi 19 février 2010

Déjà trois mois...

Or donc, voilà... Déjà plus de trois mois que je n'ai rien posté dans mon musée... Et il est trop tard pour te souhaiter à tous une belle année bien épanouissante, mais le cœur y est...

Mais bon. Voilà donc longtemps que je voulais te faire partager un des cadeaux reçu durant la période de fêtes, dont je ne sais plus très bien s'il s'agissait de fêter mon annif ou quoi d'autre?

Toujours est-il que j'ai reçu une petite perle de bibliothèque: le Guide des Instruments Anciens / A Guide to Period Instruments / Leitfaden durch di Historischen Instrumente. Un coffret de belle facture contenant d'une part un livre de 200 pages, trilingue et richement illustré, et une livret de 8 CD d'autre part, le tout édité par Ricercar.


mardi 3 novembre 2009

Couac et amitié...

Il m'est arrivé un couac lors de mon avant-dernier cours de clarinette: le barillet de mon instrument s'est fendu... Or, si j'ai deux clarinettes classiques contemporaines, je ne possède qu'un bec qui n'est pas à la taille du barillet de ma seconde clarinette! Pas assez de sous en ce moment, ni pour faire réparer mon baril, ni pour m'acheter un nouveau bec, j'accusais durement le coup, m'imaginant devoir une nouvelle fois mettre entre parenthèses mon apprentissage! J'ai un ami, également clarinettiste en herbe, dont je n'avais pas eu l'occasion de prendre la pleine mesure de l'amitié qu'il me porte: Nous parlons boutique et je lui narre mon infortune. Il me dit posséder un bec en trop, dont il ne fait rien; le lendemain, alors que je pensais devoir annuler mon cours prévu le soir-même, j'ai trouvé ledit bec dans ma boîte aux lettres! Je suis touché, Bertil, par ce témoignage de ton amitié: Je ne sais comment je la mérite, ni même de quelle façon je pourrai te rendre la politesse, mais sois assuré de sa réciprocité. Merci à toi.

Compte et tuyaux de bambou

Un mois entier sans avoir écrit une ligne! Je dois te dire, en sorte d'excuse, que j'ai enfin repris le travail après neuf mois d'incapacité consécutifs à deux opérations de l'épaule! Le moral a fait un gros up, mais en terme de disponibilité, hé bien comment dire... mon boulot m'a suffisamment manqué, je ne vais pas me plaindre d'en avoir beaucoup!

Je viens de clôturer l'inventaire de mon "musée"! Je possède actuellement 267 instruments de musique, répartis comme suit:
- 168 flûtes, ocarinas et sifflets
- 19 instruments à anche simple (dont harmonicas et orgues à bouche)
- 6 instruments à anche double
- 1 cornemuse
- 6 trompes
- 13 instruments à cordes
- 12 guimbardes
- 225 instruments de percussions
Et 21 instruments naturels, objets détournés et autres jouets sonores
Le tout est visible là-bas! (Mise à jour: 11-10-2011)

Quelques tuyaux de bambou:

F103 - Sri Lanka - Bambou - 26cm
F108 - Indonésie (Java) - Bambou - 43cm
F126 - "Toutoune Bambou" - Martinique - Bambou - 52.6cm
F135 - Bolivie - Bambou - 41cm

F157 - Bansouri - Inde - Bambou et nylon - 58cm


F89 - Voh - Thaïlande - Bambou, bois, résine - 28cm





jeudi 24 septembre 2009

Le doigté de la suling

Je me permets ce qui pourrait ressembler à un hors sujet en ce qui concerne mon musée, mais pas tant que çà, en fait: J'ai reçu, il y a quelques jours, un commentaire plutôt sympa sur un sujet rédigé en décembre dernier et consacré aux flûtes à bandeau d'Indonésie: Hugues y témoigne de sa découverte des sulings et de la passion qui en a découlé, à tel point qu'il en délaisse presque les tin whistle dont il jouait jusque là:
"Bonjour, bravo pour votre blog ! Je voudrais témoigner de mon coup de cœur pour la Suling...
Je joue de la flûte dans mon coin depuis plus de 20 ans, mais jamais je n'ai pratiqué à très haut niveau (je suis bassiste et la basse passe avant). Cependant, j'aime beaucoup jouer du Tin Whistle et cet été j'ai découvert la Suling par hasard dans un magasin. J'en ai acheté une grande en Ré (repérée à l'oreille aprés avoir testé toutes les Suling en stock) et j'en joue comme d'un Low Whistle pour composer des musiques orientées "celtiques". A vrai dire, j'en délaisse même mes Tin Whistle... mais j'utilise la Suling dans un contexte très différent de la musique balinaise, que je ne connais pas du tout d'ailleurs !"
Dans son message, Hugues met en liens une photo de sa flûte, ainsi que des vidéos de ce qu'il en joue, et c'est pas mal du tout:


Regarde sur YouTube son interprétation du morceau traditionnel irlandais "The Recruiting Sergeant"

J'espère ne pas paraitre présomptueux en doutant de l'usage du doigté des tin/low whistles sur la suling: il me semble que le jeu manque de justesse...
Voici à ton attention, Hugues (et à l'attention de chacun d'entre toi, cher lecteur, qui y trouvera un intérêt), une tablature présentant le doigté des sulings que j'ai sortie de la bibliothèque du Musée des Instruments de Musique de Bruxelles (n'hésite pas à cliquer sur l'image):

dimanche 13 septembre 2009

Narcisse, Narcisse...

Narcisse pointe le bout de son bec. Voilà en vrac quelques photos prises à différents moments de ma vie: A l'occasion d'événements culturels divers, en famille ou entre amis, plus jeune, moins gros (enfin... plus mince qu'aujourd'hui...), sans barbe ou chevelu, mais toujours une flûte en main! Ne pas hésiter à cliquer sur les photos.

Quel âge pouvais-je avoir? 23-24 ans?



Avec Yiddish Brisl aux Glacières de l'Espace Catastrophe



















Avec Yiddish Brisl à la Zinneke Parade 2002




Une image de western musical avec le lutin au kazoo, Willy à la mandoline qui cache André à l'accordéon, Georges à la guitare, Jorge à pieds, et (honte sur moi!) j'ai oublié les prénoms du clarinettiste et du second guitariste...


Fête de la rue de l'Hospice Communal, juin 2002
Lutin, Katja, André, Georges, et le bras gauche de Willy armé de sa mandoline








Fête de la rue de l'Hospice Communal, en juin 2003, en grande conversation avec Alfred




Fête des Musiques juives 2007








Avec Gilles à la flûte soprano, Alain à la guitare et Daniel à la darbouka







Avec Krupnik et Mousta Largo au Nova en mai 2006











samedi 12 septembre 2009

On ne lui cloue pas le bec: on le lie...

Je tiens à remercier amicalement Denis, le Monsieur Clarinettes, rédacteur de l'indispensable Chtiot musée des Clariboles et compagnie et membre de l'Association des Collectionneurs d'Instruments de Musique à Vent, pour les précisions qu'il m'apporte à propos de mes clarinettes. J'ai ainsi, grâce à lui, pris connaissance de l'origine de la petite clarinette présentée dans le dernier article: elle a été fabriquée par la firme Herouard Frère, à La Couture (Heure), vraisemblablement vers 1860-1870!

J'ai également reçu de la part de Denis des précisions relatives aux modes de fixation de l'anche sur le bec, la ligature, donc. Ceci me permet de rédiger ce petit article d'organologie consacré aux becs. Je le cite:
"Les ligatures métalliques ont été crées par Iwan Muller dès les années 1806-1812 et diffusées largement dans les années 1820 en France puis dans toute l'Europe sauf l'Allemagne, en Autriche et parfois Italie et Pays-Bas."



Jusque là, les anches était ligaturées sur le bec au moyen de fil.


On voit sur le bec les rainures prévues pour la ligature de l'anche
(faut pas hésiter à cliquer sur la photo)







Ligature métallique sur ma clarinette contemporaine










"L'anche en dessous a été jouée en Allemagne dès la fin du XVIIe siècle, et vers 1820-30 en France. L'emplacement de l'estampille sur le bec (si il est signé, bien sûr) nous indique le mode de jeu. Idem pour savoir si les gens jouaient avec les dents supérieures posées sur le bec comme aujourd'hui (depuis la Méthode de Klosé en 1848) ou en pinçant l'anche avec les deux lèvres recouvrant les dents, comme pour le hautbois (encore spécifié dans une méthode française vers 1945 et utilisée en musique trad, en Bretagne par ex.)"



Les traces de dents présentes sur le bec de la clarinette Herouard Frères sont assez légères et superficielles pour permettre de déduire qu'elles sont récentes, sans doute dues à la méconnaissance de l'un de ses derniers propriétaires. En regard, le bec de ma clarinette anonyme (ci-contre), montre une usure bien plus marquée (le clarinettiste devait être affamé...)

De nos jours, on protège le bec (et nos dents!) grâce à une pastille de caoutchouc adhésive.